Le projet de BIBLIboîtes culturelles et les arts visuels

Cartes-photos, La maison du fleuve – Portneuf-sur-Mer – 2021

En janvier 2021, le Réseau BIBLIO de la Côte-Nord, en partenariat avec l’Unité régionale Loisir et Sport Côte-Nord (URSLSCN) et Culture Côte-Nord, lance un appel de projets pour les artistes, artisans et écrivains de la région.

Le but est de créer des objets artistiques, des activités ou toutes autres propositions jugées pertinentes dans le cadre du projet les « BIBLIboîtes culturelles ». Le projet de BIBLIboîtes consiste à créer 10 boites thématiques appelées « Les BIBLIboîtes culturelles » sur des disciplines et secteurs d’intervention couverts par l’action ministérielle en matière de loisir culturel. Il s’agit d’un projet structurant, qui perdurera dans le temps et qui pourra être transposable à d’autres régions du Québec. Ces boîtes seront fabriquées par un artisan de la région, seront à la fois solides et légères pour le transport, et ce, tout en suscitant la curiosité. Elles prendront la forme d’un énorme livre. Lorsqu’une personne ouvrira un de ces livres géants, elle découvrira des livres, des objets à manipuler et des idées d’activités à faire sur place.

Gabrielle Beaulieu, chargée de projet, Unité régionale Loisir et Sport Côte-Nord (URSLSCN)

La maison du fleuve

Je suis très heureuse d’annoncer que mon projet de cartes-photos, La maison du fleuve – Portneuf-sur-Mer – 2021, a été sélectionné. J’ai proposé une série de douze cartes-photos, au format 4X8 et non regroupées. Issues de ma démarche, alliant poésie et art médiatique, ces images ont été élaborées à partir du projet de 2016, Mitinekapish – la maison du fleuve, multimédia et musique inspirés entre autres de la Côte-Nord et Portneuf-sur-Mer, et des thématiques d’identité, de collectivité, de territoire portant nos rêves, transformant nos engagements pour se relier à la nature, à l’Autre, à demain. Depuis, cette aventure créative se poursuit et se décline en plusieurs formes, dont récemment, une vidéoperformance.

Plusieurs multimédias mettent en relation de nouveaux agencements, permettent d’approfondir des tensions et l’émergence de dimensions esthétiques, éthiques et sociopolitiques inédites. Depuis de nombreuses années, mes créations visuelles et sonores s’inscrivent dans des processus aléatoires et cinétiques, la création de mouvement dans des expérimentations, animations et musiques qui explorent des aspects orbiculaires, itératifs, cinétiques ou aléatoires. Des tableaux vivants se construisent et se déconstruisent au gré des programmations et interactions. La production et le développement de multimédias a permis la réalisation de plusieurs films ou vidéos d’animation, d’arts et de documentaires expérimentaux et plus récemment le portrait-paysage, la performance-paysage.

Je suis artiste multidisciplinaire depuis plus de quarante ans. Musicienne, écrivaine et artiste médiatique. Je réalise, Les projets de la baleine, des recherches et des créations depuis 1989, diffusés sur mon site et lors de spectacle. Je collabore régulièrement à plusieurs activités littéraires, musicales et vidéographiques. Je suis très fière de partager mes travaux créatifs au public régional des bibliothèques grâce aux BIBLIboîtes.

En juin 2021, l’aventure se poursuit de nouveau. J’ai eu l’honneur de contribuer à la BIBLIboîte Art visuel, lors d’une rencontre en atelier et à la bibliothèque de Portneuf-sur-Mer, pour élaborer une capsule vidéo. Laura Gaudreau, agente de développement et communications – Réseau BIBLIO de la Côte-Nord et Etienne Michaud Ste-Marie, réalisateur-cameraman – Les Productions Bokeh35 ont recueilli du matériel visuel et sonore : des propos, des images, des improvisations, des ambiances, des paysages, des ouvrages en progression.

Entrevue à propos des arts visuels

Rencontre pour la capsule vidéo – BIBLIboîte Art visuel – Laura Gaudreau, agente de développement et communications
Réseau BIBLIO de la Côte-Nord et Etienne Michaud Ste-Marie, réalisateur/cameraman – Les Productions Bokeh35 – Photo: Sylvie Chenard

Comment l’art visuel est-il arrivé dans votre vie ?

J’ai d’abord eu des modèles familiaux en peinture, en art contemporain et en photographie : oncle, tante, père ont suscité ma curiosité en art visuel. J’adorais dessiner et peindre des paysages à l’adolescence. J’ai reçu des formations privées et publiques en art visuel. Peu à peu, j’ai développé un intérêt pour la photographie, ensuite la vidéo d’art et expérimentale et les arts numériques avec mes études cinématographiques et en multimédia interactif.

Parlez-nous de votre parcours artistique ?

Parallèlement aux arts visuels, j’ai développé un intérêt pour la musique et pour l’écriture poétique. J’ai d’ailleurs gagné ma vie à plusieurs reprises en recherche et écriture journalistique dans des organismes culturels, communautaires et éducatifs. J’ai développé les trois domaines artistiques et en 1989, j’ai concrétisé des créations multidisciplinaires, individuelles et collectives, sous l’appellation, Les projets de la baleine. En 1998, avec la démocratisation des nouvelles technologies, j’ai pu créer le site Web, Les projets de la baleine pour diffuser des expérimentations et improvisations. Par la suite, j’ai réalisé des études, à la maitrise en communication, concentration multimédia interactif, qui m’ont outillée pour développer les arts médiatiques et multidisciplinaires. J’ai publié deux ouvrages poétiques, plusieurs albums poétiques et musicaux, des vidéos d’art, et j’ai diffusé des spectacles de musique et poésie avec projection vidéo; souvent en collaboration avec plusieurs artistes et des organismes. J’ai présenté quelques expositions de dessins et photographies.

Quelle place occupe l’art dans votre vie ?

La création artistique est devenue mon mode de vie. C’est avant tout un travail qui occupe toute la place en dehors des obligations sociales ou quotidiennes, et particulièrement depuis que je réside dans la région. Je suis venue réaliser mon rêve de vivre près du fleuve dans la région et de créer à plein temps à Portneuf-sur-Mer. Depuis 2015, j’ai créé plusieurs projets multidisciplinaires et participé aux activités de plusieurs organismes culturels de la région, et j’en suis bien fière. Pour moi, l’art représente un long travail de recherche, d’expérimentation qui exige de nombreux efforts et particulièrement pour être partagé, diffusé. Cette année, je contribue au projet régional de BIBLIboîtes culturelles et j’ai contribué au projet, Tout le monde au poste de Tour de bras, un organisme dédié aux musiques créatives, improvisées et expérimentales à Rimouski.

Est-ce qu’il y a des artistes que vous admirez, des modèles, des influences ?

Je dirais que j’ai été influencée par les différents milieux culturels dans lesquels j’ai évolué comme collaboratrice ou comme membre et par les artistes avec lesquels j’ai travaillé. Je pense au Saguenay, à la Revue Focus, au Centre d’expérimentation musicale, aux Productions la Chambarde; à Montréal, Ambiances magnétiques, Studio XX, Groupe intervention vidéo; à Québec, Avatar, la Revue Inter; à Rimouski Tour de bras; à la Côte-Nord, l’Auberge de jeunesse de Tadoussac, Culture Côte-Nord, la Revue Littoral, la Revue Recréer la Côte. Je pense aux artistes Diane T. Tremblay (arts visuels), Maryse Poulin (musique théâtre, danse), Rachel Therrien (musique jazz), Andrée Préfontaine (arts visuels, musique), Hélène Monette (littérature), Rémi Leclerc (musique), Alexandre St-Onge (arts visuels, musique). Ce sont des milieux et des artistes très ouverts à la recherche, à l’expérimentation ou à l’improvisation.

Qu’est-ce qui vous inspire pour créer ?

La création artistique est pour moi une façon de me relier à la nature, aux autres, au monde. Les enjeux sociopolitiques de justice sociale et environnementale et féministe m’inspirent énormément. Les pratiques d’improvisation, d’expérimentation, les programmations aléatoires d’application numérique visuelle et sonore également. Présentement, les processus de transformation, de remédiation numérique et la science-fiction m’intéressent.

Est-ce que la Côte-Nord vous inspire et comment, ou quoi ?

Oui la région m’inspire. J’y vis pour cela. Je suis tombée en amour avec la Côte-Nord dès ma vingtaine. Je suis venue réaliser mon rêve de fusionner avec la nature de la Côte-Nord quotidiennement et avec les gens d’ici. Vivre près du fleuve, c’est toute une expérience de vie intense. Je suis totalement émerveillée et charmée.

Également, je réalise mon rêve de rénovation et de récupération d’une maison et de matériaux avec l’aide de ma famille et de mes amies, amis. J’ai aussi l’occasion de développer de nouvelles compétences écologiques et manuelles, de jardiner.

D’un autre côté, il y a un manque de ressources et de services collectifs abordables étant donné les distances à parcourir pour obtenir des services de santé ou assister à des activités culturelles. La région est défavorisée en ce qui concerne le transport en commun, par exemple, ce qui limite l’autonomie et la mobilité des gens. Heureusement, les réseaux d’entraide et de solidarité peuvent atténuer les manques de solutions structurantes et pérennes.

Ces limites et ces nouvelles activités inspirent aussi mes travaux.

Selon vous, pourquoi les gens aiment l’art visuel ?

Je crois que c’est un des bons moyens pour évoluer en tant que personne, pour devenir meilleur humain, meilleure humaine, pour développer sa sensibilité, son imaginaire et s’épanouir. Les gens aiment l’art visuel pour le plaisir de découvrir une évocation, une symbolique, le point de vue spécifique d’un artiste de chez nous ou d’ailleurs; pour apprécier la maitrise d’une technique, l’expression d’une vision du monde, d’une émotion, d’une valorisation, d’une dénonciation.

L’art visuel peut, par exemple, valoriser ou contester nos usages, nos relations, notre regard sur le monde et influencer ou même transformer notre vision du monde et conséquemment notre conscience et nos habitudes.

Selon vous, qu’est-ce que l’art visuel apporte dans la vie des gens ?

L’art visuel permet de vivre une expérience esthétique, de bonifier son point de vue sur le monde, sur son environnement, sur son entourage. Il améliore la qualité de nos vies, donne du sens à nos vies, diversifie nos perceptions et stimule notre ouverture d’esprit.

Qu’est-ce que l’art visuel vous apporte ?

L’art visuel est essentiel à ma vie, comme la musique et la littérature également. Je vis une grande satisfaction à créer de nouvelles animations, de nouvelles images, d’associer une image, une vidéo, un son, un texte et de créer un nouveau sens, une nouvelle émotion. C’est un moyen de méditer, de peindre en numérique, d’accomplir des recherches et des processus de transformation aléatoire de photographies ou d’éléments du réel et de les matérialiser dans une forme accessible. Je superpose, dégrade, déconstruis, restructure, sélectionne l’image dans l’effet de mouvement, l’effet du hasard.

Comment l’art visuel peut avoir un impact, un effet sur les gens, sur leur vie ?

L’art visuel peut permettre d’établir une sélection éclairée et personnalisée des influences et conditionnements visuels dans le contexte de saturation visuelle de la société de surconsommation. Il peut permettre de développer son sens critique, sa capacité de choisir.

En quoi l’art visuel est important pour notre région ?

L’accès à l’art visuel est primordial pour notre région et pour ailleurs. Se rassembler autour de travaux d’art visuel; échanger avec l’artiste sur son travail, sa démarche; voir ce que les autres artistes réalisent. Se recueillir ou se confronter à l’occasion d’une exposition, d’un happening, d’un festival enrichit notre identité, façonne notre appartenance au territoire.

Qu’est-ce qui distingue l’art visuel nord-côtier ?

D’après ce que j’ai observé lors de quelques évènements culturels, je dirais que plusieurs propositions d’artistes visuels soulignent leur rapport à la nature nord-côtière ou à l’activité de ses résidents, propositions déterminées par les ressources naturelles et humaines nordiques. La nordicité et le patrimoine régional y sont valorisés. L’apport des Innus est considéré.

Comment l’art peut-il avoir un impact, un effet sur les gens, sur leur vie ?

Le rôle de l’art en général qu’il soit sonore, visuel, littéraire, est de nourrir le coeur et l’esprit et d’épanouir les gens. Les valeurs esthétiques que les gens accordent à l’art deviennent des vecteurs de qualité de vie, de bonheur, de plaisir, de liberté, de guérison, d’évasion, de partage, de socialisation, de transformation sociale.

En quoi les bibliothèques sont-elles importantes dans le monde de l’art visuel ?

Les bibliothèques municipales peuvent jouer un rôle primordial pour le développement culturel dans une localité et pour l’accès à la culture. L’art visuel peut y être plus ou moins valorisé selon les localités, par exemple : dans un petit village comme Portneuf-sur-Mer , la tenue d’exposition d’art visuel, l’animation autour de l’art visuel. La bibliothèque devient parfois l’un des seuls lieux de contacts directs dans sa localité, entre le citoyen, la citoyenne de tous âges, et l’art visuel et l’artiste.

En ce qui a trait à l’art visuel, où se situe la tendance ?

Parmi les tendances actuelles en art visuel du 21e siècle, j’ai constaté ces dernières années plusieurs propositions de mélange et de décloisonnement de genres, de médias, de lieux de diffusion, de domaines, et l’essor du multimédia qui évolue avec les possibilités technologiques  : l’installation immersive, participative; la réalité virtuelle; les animations graphiques trois D; l’art vidéo; l’art de rue et ses peintures murales; l’art sur la place publique, éphémère; la projection de fresque lumineuse et sonore sur des édifices (video mapping); la performance multimédia; le lien avec la nature et sa protection; le recyclage de matériau dans l’art; l’art d’autres peuples qu’occidentaux et l’art de minorités subissant des inégalités : femmes, personnes LGBTQ, Premières Nations, personnes racisées, personnes socioéconomiquement défavorisées. La robotique est mise à contribution pour actionner les mécanismes visuels et sonores. Les milieux culturels, les centres d’artistes stimulent la création artistique avec des appels de propositions artistiques avec des thématiques ou non.

Avec la pandémie, on assiste à l’accélération du développement de plateformes en ligne pour répondre aux besoins en art et culture à domicile : exposition virtuelle en haute résolution, foisonnement culturel sur les médias sociaux ou messages artistiques d’espoir ou de critique sociale sur la place publique.

Selon vous l’art visuel c’est…

L’art visuel est un passeport pour visiter le miroir de notre monde, de notre culture.

Entrevue à propos des bibliothèques et des livres

Entrevue à la bibliothèque de Portneuf-sur-Mer
Etienne Michaud Ste-Marie, réalisateur/cameraman – Les Productions Bokeh35 et Sylvie Chenard à la bibliothèque de Portneuf-sur-Mer (Jean-Marie-Delaunay) – Photo : Laura Boudreau

Quelle importance les livres ont-ils dans votre vie professionnelle ?

Les livres sont indispensables dans ma vie de création et dans ma vie professionnelle en recherche et rédaction (journalisme, poésie, sites Web). J’ai gagné ma vie avec les livres en travaillant dans des organismes culturels comme la Revue Focus ou le Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine. Également, j’ai été responsable des communications du Service des relations internationales de l’UQAM (bulletin, site Web). J’ai participé à la réalisation d’un livre collectif sur l’histoire du mouvement des femmes au Saguenay Lac-Saint-Jean. J’ai publié deux recueils et des textes de poésie dans des revues de la région. Mes créations exigent souvent une recherche élaborée et la lecture de nombreux livres. J’écris régulièrement et j’en suis à un deuxième manuscrit non publié. Le loisir littéraire représente pour moi une source de bonheur intense.

Quelle influence les livres ont-ils dans votre vie personnelle ?

Les livres ont une très grande influence dans ma vie personnelle. Longtemps, j’ai lu des essais et maintenant je lis plus de poésie et de romans. Les livres me ressourcent, me permettent d’approfondir des questions, de vivre de nouvelles émotions, de développer mon empathie, ma compréhension du monde.

Voici une liste de romans que j’ai lus récemment et que j’ai appréciés, dont des autrices associées à la région : Monique Durand, Marie-Ève Muller, Naomi Fontaine, Erika Soucy, Sylvie Drapeau.

Feu le soleil
Autrice : Suzanne Jacob

Les Falaises
Autrice : Virginie DeChamplain

L’exil vaut le voyage
Auteur : Dany Laferrière

Le lièvre d’Amérique
Autrice : Mireille Gagné

Dans le bleu
Autrice : Magali Lemèle

La résilience des corps
Autrice : Marie-Ève Muller

Saint-Laurent mon amour
Autrice : Monique Durand

L’orangeraie
Auteur : Larry Tremblay

Parlez-moi d’amour
Autrice : Suzanne Jacob

Ruelle Océan
Autrice : Rachel Leclerc

Le fleuve
Autrice : Sylvie Drapeau

L’apparition du chevreuil
Autrice : Élise Turcotte

Ta mort à moi
Auteur : David Goudreault

La Montagne secrète
Autrice : Gabrielle Roy

Shuni
Autrice : Naomi Fontaine

La Servante écarlate
Autrice : Margaret Atwood

Les testaments
Autrice : Margaret Atwood

Pas même le bruit d’un fleuve
Autrice : Hélène Dorion

Les querelleurs
Autrice : France Théoret

Le petit caillou de la mémoire
Autrice : Monique Durand

Le poids de la neige
Auteur : Christian Guay-Poliquin

Les repentirs
Auteur : Marc Séguin

L’imparfaite amitié
Autrice : Mylène Bouchard

Des chants pour Angel
Autrice : Marie-Claire Blais

Homo sapienne
Autrice : Niviaq Korneliussen

Le plongeur
Auteur : Stéphane Larue

Ru
Autrice : Kim Thúy

Les murailles
Autrice : Erika Soucy

Les maisons
Autrice : Fanny Britt

Vi
Autrice : Kim Thúy

L’impureté
Auteur : Larry Tremblay

Jenny Sauro
Auteur : Marc Séguin

Manikanetish
Autrice : Naomi Fontaine

Kuessipan
Autrice : Naomi Fontaine

À quel point les bibliothèques sont-elles importantes pour la culture régionale ?

Les bibliothèques municipales peuvent jouer un rôle primordial pour le développement culturel dans une localité et pour l’accès à la culture locale, régionale et internationale, dans sa langue maternelle. Exemple, dans un petit village comme Portneuf-sur-Mer, la tenue d’exposition d’art visuel, la présentation de projection audiovisuelle, l’animation autour de l’art ou de la littérature ou du théâtre. La bibliothèque devient l’un des seuls lieux de contacts directs dans sa localité, entre le citoyen, la citoyenne de tous âges, et l’artiste et son art; l’auteur ou l’autrice et son livre. La bibliothèque devient le principal centre culturel du village ou du quartier.

Rendez-vous dans votre bibliothèque municipale pour découvrir les BIBLIboîtes culturelles.

Performances et collaborations – une petite histoire de reliance

Trois performances

Parmi les travaux en progression, trois performances : Remédiation, La maison du fleuve, Entre les nords d’écriture.

Enfin, nous voilà en zone jaune. Rencontre de lecture de poésie à venir : trois textes parus dans des publications régionales récemment, avec projection de vidéo : Entre les nords d’écriture, Si le fleuve, Son Nord apprivoisé. Le travail de recherche se poursuit.

L’album Siècle seuil – Tour de bras

C’est en janvier 2021 que j’apprends que mon projet de musique, Siècle seuil, est sélectionné dans le cadre de l’appel de dossiers et de soutien financier, Tout le monde aux postes II, de Tour de bras, et qui plus est, cette musique est jumelée au travail visuel de Annie St-Jean.

Quelle aventure créative! La journaliste Anya Maali écrit à propos de Tout le monde aux postes II, que « Tour de Bras propose de créer un nouveau lien avec les auditeurs : une série d’album-carte qui unit la musique d’improvisateurs à des oeuvres d’arts créés par les meilleurs artistes imprimeurs, illustrateurs et autre tâcheurs de papier (…) Chaque album solo sera associé à une série d’imprimés, et ne seront disponibles qu’à l’achat de l’imprimé, au dos duquel sera collé un code de téléchargement. Il n’y a que 66 cartes disponibles et les gens ne pourront ni écouter ni télécharger la musique sans recevoir la carte. ».

Tour de Bras, basé à Rimouski, est dédié aux musiques d’improvisation, organise le festival des Musiques Spontanées et édite des albums. J’apprécie énormément les propositions et orchestrations d’improvisation et d’expérimentation de Tour de Bras, notamment pour avoir vu et entendu le Grand Groupe Régional d’Improvisation Libérée – GGRIL.

tourdebras.bandcamp.com

J’avais déjà eu l’occasion de collaborer avec Tour de bras par l’entremise de l’album Allochtone propulsé par Rémi Leclerc.

https://tourdebras.bandcamp.com/album/allochtone

Quelle joie. J’habite sur l’autre rive du fleuve, en Haute-Côte-Nord, juste en face de Rimouski, au Bas-Saint-Laurent. C’est inspirant de participer à un projet avec les gens de l’autre rive, avec des gens créatifs pour explorer l’impossible, l’improbable ensemble. Quel bonheur de partager avec Éric, Sébastien, et Annie, une artiste magnifique qu’ils m’ont fait connaitre.

Pour en savoir plus sur le travail extraordinaire de Annie St-Jean

https://annieargentique.wixsite.com/photo

Le travail de photographie argentique de Annie rappelle à ma mémoire le travail de photographie argentique de mon père, originaire de Rimouski. Je me sens en pays de connaissance et de reconnaissance.

Sylvie et Guy en 2005
Sylvie Chenard et Guy Chenard en 2005 –
Odette Courchesne à la caméra – Album de famille

Pendant que Annie travaille son cyanotype réalisé à partir d’une photo prise en sténopé sur pellicule, je m’invente un processus de transformation de matériel improvisé, je travaille les dimensions sonores multiples. Et voilà le projet, Siècle seuil, prend forme en figurant des temporalités imaginaires pour sortir des zones de confinement.

Comme mon père le disait souvent : « Figure-lé! »

L’album Siècle seuil / Sylvie Chenard et Annie St-Jean

https://tourdebras.bandcamp.com/album/si-cle-seuil

Tour de bras / Éric Normand et Sébastien Côrriveau

À suivre : La maison du fleuve et la boîte culturelle

Journée internationale de la baleine, 19 février

En cette journée internationale de la baleine, 19 février, parlons projets de la baleine, en quelques raccourcis historiques.

Petite histoire du temps de la baleine

Je ne voulais pas vivre dans un système qui encourage la compétition. Je voulais vivre dans un système qui encourage la coopération. J’avais de la difficulté à considérer un autre temps que le présent. Et la culture dans ce temps présent m’importait plus que tout. Difficile de penser à l’avenir, difficile de considérer le passé.

C’est tout au long de ma vingtaine que j’apprends à connaitre les baleines, à écouter leur chant. Elle m’inspire des projets de musique improvisée et composée, voix et guitare. Pendant ma vingtaine, donc, je fais quelques spectacles, j’apprivoise le temps passé, et l’avenir, la planification, les prochaines générations me viendront plus tard. Je sors de ma zone de confort, le temps présent. J’étais au Saguenay tout le long de cette vingtaine, et je visitais la Côte-Nord le plus souvent possible, Havre-St-pierre, Ile d’Anticosti, Saint-Siméon, Tadoussac.

Adolescente, j’avais visité Baie-Comeau. Mon père y travaillait à l’usine de pâte et papier, faisait partie des nombreux travailleurs d’industrie, « Fly in Fly out ». Il devient photographe plus tard et rénovateur de maison encore plus tard. Ma mère a eu six enfants, dont je suis l’aînée, et est devenue cheffe de famille monoparentale à partir de sa trentaine, à Québec, travailleuse en même temps, principalement dans la restauration. Fille de Saint-Antoine de Pontbriand, peut-être descendante lointaine de la Nation algonquienne, grande mélomane, elle m’apprend à être forte et autonome. Mon père est né à Rimouski, et sa famille était du Bic. Fils, d’une longue lignée qui a évolué de Québec à Rimouski, tout le long de la Rive-Sud, du Bas-Saint-Laurent, pour arriver jusqu’à lui. Un été, nous, sa famille, nous l’avions accompagné dans la Baie-des-chaleurs, pour un autre travail d’usine. Jeune, il m’avait amenée en voyage avec lui, à Rimouski, rencontrer des oncles, des tantes lointaines, mais je n’étais pas réceptive, pas consciente du cadeau qu’il m’offrait alors, la musique et la poésie du fleuve. Il adore canoter, naviguer. Sur sa pierre tombale, il fait inscrire CAPT après son nom. Capitaine.

Puis l’adolescence, l’amour, Baie-St-Paul, St-Urbain qui se termine à 19 ans. Je visite l’Auberge de jeunesse des Escoumins, vais aux Iles-de-la-Madeleine, rencontre de nouveau l’amour et m’en vais vivre au Saguenay pendant 11 ans. C’est vers 21 ans que je rencontre pour la première fois les baleines aux Escoumins. Très impressionnant. De temps en temps, quelques détours en Gaspésie.

J’arrive à Montréal en 1989. Des amours. C’est au cours de ma trentaine, en essayant de vivre le plus authentiquement possible, que je crée les projets de la baleine de Sylvie Chenard. Il me faut spécifier mon nom, parce qu’il y a beaucoup de projets de la baleine dans le monde, et la dame de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) me l’a demandé.

Mon malaise du système de domination se poursuit, s’agrandit. Je deviens de plus en plus gênée de m’y intégrer. Mais je le fais, en solidarité féministe, culturelle et communautaire, pour contrer les injustices, pour contribuer à une culture de coopération, de création. Je rencontre des personnes merveilleuses tout le long de mon parcours, qui acceptent de partager quelques bons moments présents. Voilà pour les origines des projets de la baleine.

L’aventure se poursuit dans les années 90, cassettes, cds (premier CD 1996). En 1998, le site web, les projets de la baleine, est mis en ligne. J’améliore de plus en plus la qualité des productions avec l’évolution et la démocratisation des technologies. Arrivent les années 2000, des études complétées en multimédia interactif. J’accompagne la Marche mondiale des femmes, guitare et amitiés, et je commence à ne plus pouvoir me passer de la Côte-Nord. Aller et retour entre Montréal et Tadoussac pendant six ans. Les projets de la baleine se poursuivent. J’évolue avec de nombreuses collaborations. 2015, enfin, je viens vivre sur la Côte-Nord et en 2016 à temps plein. Justement, la délicatesse du hasard en a voulu ainsi. J’habite Portneuf-sur-Mer, en face de Rimouski, le pays de mon père, et j’observe le fleuve et la Rive-Sud constamment. La vie est poésie.

Je vis toujours avec ce handicap du temps qui me trouble constamment et avec l’immense difficulté à accepter le système de sélection, d’exclusion, de marchandisation dans lequel nous vivons. Je pense aux générations qui viendront et je leur souhaite un monde plus libre et inclusif, où toutes et tous ont leur place et ont droit au plein épanouissement selon leur particularité, droit à une qualité de vie.

Années 20, je continue à faire vivre les projets de la baleine, et à me développer en tant qu’artiste et écrivaine. Ma nouvelle vie sur la Côte-Nord me permet de me relier au monde et d’approfondir des créations.

Je n’ai pas parlé de tout ce qu’il faut faire pour gagner son pain et ses roses, parallèlement, ni des obstacles, ni de la condition d’exercice de la création artistique, du défrichage de nouvelles cultures, ou du grand plaisir que j’ai eu à partager mes passions avec d’autres personnes et des organismes.

Par l’écriture, dans la vingtaine, j’ai apprivoisé l’histoire (L’histoire du mouvement des femmes au Saguenay-Lac-Saint-Jean), dans la trentaine et la quarantaine, le présent (Culture et féminisme pour changer le monde, les recueils Chansons et chroniques de la baleine, Écrits de la baleine), et dans la cinquantaine et la soixantaine, je considère l’avenir et les générations futures (poésie, roman).

Par la photographie, j’ai apprivoisé les temps présents qui se superposent, puis, par le multimédia, j’ai approfondi la superposition des temps présents, par l’arrêt sur image aléatoire, d’animations, mouvements, des multimédias et vidéos. Également, avec le multimédia, je réalise des performances et projets de musique expérimentale, par la superposition aléatoire de fragments sonores, musicaux de temps présents.

Je peux dire que cette baleine-là est fille du temps présent, de la bienveillance, des nouveaux paradigmes, de la profondeur et de la verticalité du temps, des fragments d’éternité multidimensionnels. Encore aujourd’hui, pour moi, la baleine symbolise l’écologie, la survie de la planète, des écosystèmes, par son existence qui a traversé les temps jusqu’à nous. Les moments vivants.

De récents projets de la baleine

Je réalise les projets de la baleine depuis 1989 et aujourd’hui, en cette journée internationale des baleines, 19 février, je souhaite valoriser le travail que j’ai élaboré cette dernière année. Cette année 2020 a été consacrée à plusieurs nouveaux projets de musique et poésie tout en douceur et réconfort, et à des collaborations avec des organismes régionaux en réponse à des appels de propositions. Je poursuis le développement de créations qui contribue au développement de la culture expérimentale, improvisée, féministe et écologiste. Je tenais à souligner les efforts de création que j’ai faits, et la présence et la visibilité de mes projets en tant qu’artiste de Portneuf-sur-Mer, sur le Web et dans la région, et ce, malgré le peu de moyens, mais avec l’appui d’estime de quelques personnes et organismes.

Album de musique et poésie : Les lieux de la mouvance

J’ai réalisé le projet, Les lieux de la mouvance, Musique d’ambiance fleuve et extraits du texte Jazzamérique dans Écrits de la baleine, 1998-2015, 2017. 30 pièces diffusées sur Bandcamp. Album numérique solo, composé, interprété, réalisé, édité en 2020. Guitare électrique, électroniques, instruments logiciels, voix, poèmes, illustrations.

Poésie : Deux textes publiés dans des revues régionales

J’ai publié deux textes de poésie dans des revues régionales et collaboré au lancement de la revue Recréer la Côte.

Revue RECREER LA CÔTE – RÉCIFS ET POUSSIÈRE – Collaboration texte ENTRE LES NORDS D’ÉCRITURE

Revue LITTORAL – FLEUVE – Collaboration texte SI LE FLEUVE

Vidéo d’art : Réalisation de plusieurs diffusions vidéos

J’ai publié plusieurs vidéos d’art réalisées en 2019 sur mon site, et l’une est distribuée par le GIV – Groupe Intervention Vidéo. Je souligne plus particulièrement la vidéo d’art suivante réalisée en 2020 :

Vidéo d’art, Tadoussac du dehors, vidéo et musique (34:10) (format mp4) En ces temps de confinement et de pandémie mondiale, un beau poisson d’avril. Visuel été 2019 à Tadoussac et animation, montage, musique mars 2020 à Portneuf-sur-Mer. Huit pièces musicales composées et interprétées : Dehors # 1 à Dehors # 8.

Tadoussac du dehors, vidéo et musique de Sylvie Chenard (34:10)

Réalisé en 2019 et diffusé en 2020, vidéopoème, La forêt prend son temps pendant qu’un grand silence me regarde, 2019, (0:03:59), narration, français. Vidéopoème expérimental qui présente les écosystèmes oniriques que miroite le rétroviseur du vivant sur la route de la Côte-Nord, entre fleuve et forêt, entre culture et nature, entre mémoire et devenir. La narratrice y insuffle, y questionne le sens des cycles, des relations et des transmissions. Multimédia numérique, narration, texte, photographie, animation, musique et vidéo selon les thèmes arts, culture, territoire, écologie.

Réalisée en 2019 et distribuée par le GIV en 2020, la vidéo d’art, Extrait Suite anamorphose, vidéo et musique (09:55), présente un écopoème qui s’inspire de notre relation à la nature et à la culture, au collectif, au village, au temps, au vivant. Une anamorphose des paysages nord-côtiers, des rassemblements pour plus de justice et de non-violence, de la communauté, du monde que nous voulons créer.

Pour débuter l’année 2021, vidéo d’art et d’aventure, Confluence erratique, musique, vidéo, texte (30:35) (format mp4), réalisée à partir d’enregistrements vidéos lors d’une croisière à Tadoussac. En 2019, j’ai eu la chance de travailler à l’accueil du Centre d’interprétation des mammifères marins, ce qui m’a donné l’occasion d’aller en croisière sur le fleuve et de mieux connaitre les baleines. Merci au CIMM.

Confluence erratique, musique, vidéo, texte de Sylvie Chenard (30:35)

Une vidéo d’art et musicale proposant une performance de musique expérimentale et improvisée, solo, guitare électrique, erhu, voix, électroniques. Les Rendez-vous de la baleine 2021 (44:28)

La prochaine année sera plus axée sur la performance de musiques expérimentales plus âpres, avec projections vidéos, quelques lectures de poésie et des collaborations. Une création devrait paraître en mars chez Tour de bras à Rimouski.

Démarche – Musique expérimentale, improvisée et multimédia

Les rendez-vous de la baleine numériques de Sylvie Chenard présentent des rencontres musicales, des suites ou des expérimentations créatives, des collaborations, des interactions.

Dernièrement, Sylvie publiait une vidéo d’art et musicale proposant des improvisations visuelles et musicales solo, guitare électrique, erhu, voix, électroniques. Performance enregistrée en janvier 2021 à Portneuf-sur-Mer.

Art sonore – musique expérimentale


Le travail créatif de Sylvie Chenard s’inscrit dans le courant de la musique improvisée et expérimentale avec des accents de différents styles, des créations hybrides et engagées depuis 1989, diffusées sur son site Les projets de la baleine.

Sylvie décrit son travail nordique atypique s’apparentant plus ou moins à l’art sonore, ou plus ou moins à la musique expérimentale. Pour elle, l’art sonore réfère à une démarche conceptuelle, à un contexte culturel ou sociopolitique, multimédia ou interdisciplinaire, à une transformation, un nouvel état de conscience ou une révolution qui dynamisent le tout.

La musique expérimentale relève plus spécifiquement du monde sonore et musical, par la performance, par la composition, par l’improvisation, par l’expression d’une liberté à l’écoute attentive des phénomènes et variations sonores en train de s’élaborer, de programmations aléatoires, d’effets fortuits, des agencements de fragments, boucles, de textures, d’harmonies, de mélodies, de structures, aux divers moyens et dispositifs, en passant par une lutherie traditionnelle à une lutherie électronique et numérique. Ces instruments et effets imbriqués les uns dans les autres permettent de créer des champs sonores divers, des ouvrages singuliers qui impliquent le corps, la gestuelle, la voix également et une démarche intellectuelle.

Ses performances audiovisuelles expérimentales élaborent un langage expérimental improvisé en questionnant notre rapport au monde, aux autres, à l’univers sonore, et en créant des liens avec des organismes et des personnes permettant de développer cette mouvance.

Son approche visuelle résulte d’une sélection d’images issues du mouvement d’animations et d’une programmation aléatoire d’applications numériques. Un rapport de proximité, une interaction, une interrelation formelle avec le sonore et le musical se créent.

Plusieurs de ses projets artistiques abordent les thèmes d’identité, de collectivité, de territoire, de lieux, d’intériorité et de physicalité, de culture et de nature, toujours à s’actualiser par la création, l’écologie, le développement des justices sociales.

Matières à réflexion, Le bruit « e,t » son contrat social

Participation à deux lancements littéraires nord-côtiers en ligne

Invitations à participer à deux lancements de revues nord-côtières.

Revue Littoral

La revue Littoral lance un impressionnant numéro de 230 pages composé d’articles qui abordent la Côte-Nord et ses écrits du point de vue des nombreux collaborateurs et collaboratrices — de la Côte-Nord jusqu’en Russie – qui contribuent à la revue. Pour son 15e anniversaire, la revue Littoral fait la part belle au fleuve Saint-Laurent.

Lancement le mardi 24 novembre 2020, 14h – Revue LITTORAL – FLEUVE

Il est possible de participer au lancement en direct de la page Facebook du GRÉNOC et du Cégep de Sept-Îles.

Collaboration de Sylvie Chenard – Texte poétique SI LE FLEUVE

Revue Recréer la côte

Le cercle d’écriture Recréer la côte lance le quatrième numéro officiel de sa revue de création littéraire, le 11 décembre 2020 à 19 h, sur la plateforme de visioconférence Zoom.

Le lancement avait d’abord été prévu au printemps 2020, le 1er mai, mais avait été remis à cause de la pandémie.

Sous le thème « Récifs et poussière », ce quatrième numéro inclut quinze écrits retenus à la suite d’un appel de textes lancé à l’automne 2019.

Lancement le vendredi 11 décembre 2020, 19h – Revue RECREER LA CÔTE – RÉCIFS ET POUSSIÈRE

Pour participer au lancement, il suffit de s’inscrire gratuitement en remplissant le formulaire suivant d’ici au 4 décembre 2020 : https://forms.gle/urjoGWAVN5XWr3mEA.

Les informations de connexion à la plateforme Zoom seront transmises aux personnes inscrites le 5 décembre 2020.

Pour plus d’information sur l’évènement en ligne sur le Facebook de Recréer La Côte

Collaboration de Sylvie Chenard – Texte poétique Entre les nords d’écriture

Entrevue avec Sylvie Chenard concernant l’album Les lieux de la mouvance

Sylvie Chenard se prête au jeu d’une entrevue concernant l’album Les lieux de la mouvance, qu’elle partage avec vous.

Album Les lieux de la mouvance
Album numérique Les lieux de la mouvance de Sylvie Chenard, 2020

Qu’est-ce qui vous inspire en tant que musicienne ?

Je suis artiste multidisciplinaire et ce qui m’inspire en tant que musicienne, m’inspire également en art vidéo, multimédia et en littérature.
Le Nord, la Côte-Nord que j’habite, la culture innue et nord-côtière, le féminisme, les alternatives équitables, collectives et solidaires aux rapports de domination, à la violence, aux injustices.

Je suis inspirée par une diversité de genres musicaux d’improvisation, d’expérimentation et par les programmations aléatoires d’instruments logiciels.

Qu’est-ce que vous avez écouté dernièrement ?

Je suis inscrite aux réseaux d’échange et de partage Bandcamp et Soundcloud. Alors j’écoute les nouveaux arrivages expérimentaux et quelques artistes que j’ai suivis dernièrement :
Les musiques de Raphaël Reed, Ant Law, Giovanni Francesca, India Cook, Joëlle Léandre, Pauline Oliveros, Raphaël Arsenault, Éric Normand, Olivier Girouard, Elisapie, Tim Berne, Bill Frisel, Patrick Watson, GGRIL, Jeremy Dutcher pour ne nommer que les plus récents.

Je suis régulièrement les publications d’Avatar Québec, quelques-unes de Mutek et également l’émission radiophonique La croche oreille, d’art sonore à CKRL 89 à Québec.

Qu’avez-vous fait ces derniers mois ?

J’ai débuté l’année par une formation sur les Installations vidéos au Groupe Intervention Vidéo, financé par Culture Côte-Nord. Ensuite, j’ai étudié, lu et rédigé le texte de poésie Si le fleuve. Puis deux mois ont été consacrés à la composition et l’expérimentation de nouveaux instruments logiciels pour réaliser le projet musical Les lieux de la mouvance.
Présentement, je vis une période de recherche et de lecture en préparation de l’écriture d’un deuxième roman.

Comme les demandes de soutien financier pour développer des projets de production et déployer une diffusion élargie ont été refusées, les projets sont élaborés avec peu de moyens et leur diffusion est restreinte.

Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur l’album Les lieux de la mouvance ?

Ce projet a d’abord été improvisé et composé, enregistré à la guitare électrique à partir de boucle à la guitare. Ensuite, cet enregistrement a été converti en fichier midi (Musical Instrument Digital Interface) avec Scolily, un logiciel libre sous Ubuntu qui permet de créer des partitions directement en enregistrant à partir du micro. Ces partitions ont servi à élaborer les arrangements de plusieurs instruments logiciels synchronisés plus ou moins et superposés avec les pistes des guitares. Par la suite, j’ai élaboré des pistes rythmiques plus ou moins aléatoires et les voix parlées rapprochées, chantées éloignées.

J’utilise plusieurs pédales électroniques pour la guitare électrique, un micro et une carte de son avec les ressources numériques incluses, et plusieurs logiciels libres pour élaborer les recherches sonores, dont Pure-Data, LMMS (Linux Multi Média Studio), MuseScore.

L’Album Les lieux de la mouvance est diffusé et en vente sur Bandcamp, il comprend 30 pièces de musique d’ambiance-fleuve et des extraits du texte Jazzamérique dans Écrits de la baleine, 1998-2015, que j’ai publié en 2017.
L’album est paru le 30 juillet 2020. Les paroles de chaque pièce sont également disponibles sur Bandcamp.

C’est un album numérique solo, que j’ai composé, interprété, réalisé, édité en 2020 : Guitare électrique, électroniques, instruments logiciels, voix, poèmes, illustrations.

Depuis plusieurs années je diffuse des albums solos sur Bandcamp et il s’agit du 6e album numérique solo sur Bandcamp et du 22e album des projets de la baleine.


Quelles ont été vos influences ?


Je suis influencée par les musiques émotives, iconoclastes, improvisées, éclectiques. Chaque époque de création correspond à des influences diverses. Je vous ai déjà mentionné mes préférences et influences récentes. Je suis musicienne autodidacte, j’aime les arts numériques et faire des recherches spécifiques préparatoires à un projet, et un projet peut aussi bien correspondre à une installation, à un genre musical précis, à un paysage sonore ou à une création pour vidéo d’art.


Comment décrivez-vous votre son et votre musique ?


C’est une musique inscrite dans une culture expérimentale, littéraire et d’improvisation aux accents jazz, minimaux, méditatifs, doux. Elle peut être qualifiée d’alternative, expérimentale, ambiante, de jazz libre, de nouvelle musique, avec poème. Elle est créée à Portneuf-sur-Mer, sur la Côte-Nord, au Québec, dans un environnement magnifique et paisible propice à la création.


Quel est votre signe astrologique ?


Baleine ascendant Baleine !


Qu’est-ce que vous avez lu récemment ?

Plusieurs ouvrages reliés à des recherches préparatoires sur le Nord, le fleuve, la science-fiction, la culture autochtone et québécoise, l’histoire, la nature, et puis j’ai lu plusieurs ouvrages de poésie et des romans.


Voici quelques titres, principalement des romans que j’ai appréciés ces dernières années :

La résilience des corps
Autrice : Marie-Ève Muller

Saint-Laurent mon amour
Autrice : Monique Durand

L’orangeraie
Auteur : Larry Tremblay

Parlez-moi d’amour
Autrice : Suzanne Jacob

Ruelle Océan
Autrice : Rachel Leclerc

L’apparition du chevreuil
Autrice : Élise Turcotte

Ta mort à moi
Auteur : David Goudreault

La Montagne secrète
Autrice : Gabrielle Roy

Shuni
Autrice : Naomi Fontaine


La Servante écarlate
Autrice : Margaret Atwood

Les testaments
Autrice : Margaret Atwood

Pas même le bruit d’un fleuve
Autrice : Hélène Dorion

Chambre 1002
Autrice : Chrystine Brouillet

Bondrée
Autrice : Andrée A. Michaud

Les Luminaires
Autrice : Eleanor Catton

Les querelleurs
Autrice : France Théoret

Le petit caillou de la mémoire
Autrice : Monique Durand


Le poids de la neige
Auteur : Christian Guay-Poliquin

Les repentirs
Auteur : Marc Séguin

L’imparfaite amitié
Autrice : Mylène Bouchard

Des chants pour Angel
Autrice : Marie-Claire Blais

Homo sapienne
Autrice : Niviaq Korneliussen

Le plongeur
Auteur : Stéphane Larue

Ru
Autrice : Kim Thúy

Les murailles
Autrice : Erika Soucy

Les maisons
Autrice : Fanny Britt


Vi
Autrice : Kim Thúy

L’impureté
Auteur : Larry Tremblay

Jenny Sauro
Auteur : Marc Séguin

Manikanetish
Autrice : Naomi Fontaine


Kuessipan
Autrice : Naomi Fontaine


Le drap blanc
Autrice : Céline Huyghebaert

Lancement de l’album numérique Les lieux de la mouvance

C’est aujourd’hui que l’album numérique Les lieux de la mouvance est lancé. Musique d’ambiance fleuve et extraits du texte Jazzamérique dans Écrits de la baleine, 1998-2015, 2017 de Sylvie Chenard. Il s’agit du 22e album des projets de la baleine et du 6e album numérique solo sur Bandcamp.

Les lieux de la mouvance

Album numérique solo, composé, interprété, réalisé, édité par Sylvie Chenard en 2020. Guitare électrique, électroniques, instruments logiciels, voix, poèmes, illustrations.

Album Les lieux de la mouvance
Album numérique Les lieux de la mouvance de Sylvie Chenard, 2020

Vidéopoème La forêt prend son temps pendant qu’un grand silence me regarde

Vidéo d'art La forêt prend son temps pendant qu'un grand silence me regarde

Vidéopoème expérimental de Sylvie Chenard qui présente les écosystèmes oniriques que miroite le rétroviseur du vivant sur la route de la Côte-Nord, entre fleuve et forêt, entre culture et nature, entre mémoire et devenir. La narratrice y insuffle, y questionne le sens des cycles, des relations et des transmissions. Multimédia numérique, narration, texte, photographie, animation, musique et vidéo de Sylvie Chenard selon les thèmes arts, culture, territoire, écologie.

La forêt prend son temps pendant qu’un grand silence me regarde, vidéopoème de Sylvie Chenard, 2019, durée 03:59, narration, français.

La forêt prend son temps pendant qu’un grand silence me regarde de Sylvie Chenard Artiste sur Vimeo.

Les beaux souvenirs de musique avec Sandro Forte

Sandro Forte, un ami part et beaucoup de super beaux souvenirs de collaboration émergent dont deux pièces musicales sur le projet HYBRIDE 1999 inspiré des droits du monde où nous avons fait le tour et le détour du monde. Salut chère exceptionnelle personne !

Sandro Forte est décédé de cause naturelle, le 18 janvier 2020, à l’âge de 49 ans. Sandro savait transmettre avec enthousiasme sa passion pour le cinéma et en particulier ses connaissances encyclopédique de la musique de film. (…) Comme il s’est si bien décrit lui-même :« j’ai décidé de devenir cinéphile à 7 ans pour ensuite bientôt découvrir que l’on ne pouvait pas en vivre. J’ai donc dû me résigner à devenir réalisateur après avoir perdu un peu de fierté dans le milieu de la musique. J’ai décidé de traiter les dieux comme s’ils étaient quelque chose de réel et d’accomplir de bonnes actions dans le domaine du travail social. » (Cinetalk.net)

Cd triple Hybride 1999
Cd triple Hybride 1999

Audio Le tour du monde en 17:15 minutes (format mp3), de Sylvie Chenard et Sandro Forte

Audio Le détour du monde en 12:53 minutes (format mp3), de Sylvie Chenard et Sandro Forte


Duo avec Cdj Off-beat, montage et citation sonore, percussions, voix (Sampling advisor : S. Forte; Loop advisor : J. Duhamel, membres des Wetfish)   Enregistré le 13-12-1998

ARTICLE 3 « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » (Assemblée générale des Nations unies, art. 3) LE TOUR DU MONDE EN 17 MINUTES

ARTICLE 28 « Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet. » (Assemblée générale des Nations unies, art. 28) LE DÉTOUR DU MONDE EN 12 MINUTES

Sylvie Chenard, guitare électrique, électroniques, voix

Le livre Écrits de la baleine en vente à la Librairie A à Z à Baie-Comeau

Écrits de la baleine, 1998-2015

La petite histoire du livre Écrits de la baleine se concrétise peu à peu, bien malgré  la lenteur à le partager, à rejoindre ses lectrices, ses lecteurs depuis 2017. En cette fin de 2019, le feuilleter et cueillir au passage une lumière, une vague, du sel, le miroir du passage du millénaire. Le voilà, ce livre qui vibre aussi de poétique  nordique, désormais en vente sur place, à la Librairie A à Z, 79, Place La Salle, à Baie-Comeau. Pour en savoir plus