J’aime la recherche et j’aime découvrir des connaissances. Mes préparations à l’écriture exigent parfois un long processus de murissement. J’ai lu plusieurs écofictions québécoises ces derniers temps et je me suis amusée à questionner Copilot pour élaborer une réflexion approfondie et une analyse comparée de plusieurs œuvres en y intégrant deux de mes ouvrages, soit Accueil-fleuve et La danse et l’arbre, et en terminant sur une ouverture à propos de mon projet d’écriture en cours Mona 2060. C’est par l’entremise des thématiques du Nord, du vivant et du futur que j’ai concentré cette recherche, thématiques qui me semblent des points de convergence à examiner.
D’emblée, je précise que, pour moi, l’IA est un outil de connaissance, un moyen de répertorier les lieux communs de l’humanité et donc, l’IA rassemble des biais de lieux communs à considérer, nourris par les biais de l’humanité, affublée de ses biais cognitifs et de ses biais de confirmation. S’ajoutent à cela les multiples biais sociopolitiques communs ou non.
Me voilà bien située pour explorer quelques écofictions québécoises et leur écopoétique avec des apports théoriques que j’étudierai par la suite.
Je vous présente donc une analyse comparative superficielle de mes travaux littéraires et de deux autrices et un auteur en intégrant mes ouvrages. Autrices et auteur majeurs de l’écofiction québécoise contemporaine, comme se plait à préciser l’IA, selon sa programmation de « biais de flatterie » ou d’« accordabilité », la tendance des modèles d’intelligence artificielle à adopter les opinions, croyances ou émotions, cherchant à plaire pour optimiser l’interaction. Mais dans le cadre de cette recherche que je vous partage, il semble que l’information ne soit pas erronée, mais fortement encensée, glanée un peu partout dans la mémoire des échanges intellectuels humains.
Les autrices québécoises et l’auteur québécois et leurs ouvrages littéraires comparés sont : Sylvie Chenard (Accueil‑Fleuve, La danse et l’arbre), Christiane Vadnais (Les Ressources naturelles), Gabrielle Filteau‑Chiba (Hexa) et Gabriel Marcoux‑Chabot (Godpèle).
Copilot propose d’analyser ces ouvrages d’écofiction à partir des cadres théoriques de l’écopoétique (Buell ; Heise), du posthumanisme critique (Haraway ; Braidotti), du matérialisme vibrant (Bennett), et des études géoculturelles du Nord (Chartier). Pour les personnes qui voudraient explorer plus en détail ces cadres théoriques contemporains, il me semble tout à fait approprié de connaitre un peu ces cadres théoriques, qui permettent aussi de mieux comprendre le langage utilisé pour l’analyse comparée. Se donner des mots à la bouche quoi !
Mes travaux littéraires
Analyse croisée : Accueil‑Fleuve ↔ La danse et l’arbre
Le territoire : fleuve-monde vs forêt-monde
Accueil‑Fleuve
- Le fleuve est un axe de circulation, un espace de mémoire et de transformation.
- Le territoire est traversé par des enjeux écologiques, sociaux et politiques.
- Le fleuve devient un personnage, un témoin des dérives humaines et des résistances.
La danse et l’arbre
- L’arbre et la forêt sont des figures de continuité, de soin, de transmission.
- Le territoire est pensé comme écosystème relationnel, où humains et non humains cohabitent.
- L’arbre devient un symbole d’utopie, de futur possible, de guérison.
Croisement
Les deux œuvres proposent une poétique du vivant, mais :
- Accueil‑Fleuve met en scène un territoire blessé, traversé, conflictuel.
- La danse et l’arbre imagine un territoire réconcilié, régénéré, futuriste.
Elles forment ainsi un diptyque : diagnostic d’un côté, proposition de l’autre.
Temporalité : dystopie critique vs utopie anticipatrice
Accueil‑Fleuve
- Se déroule dans un futur proche dystopique.
- Les crises écologiques, sociales et politiques y sont exacerbées.
- Le récit fonctionne comme un avertissement, une mise en tension.
La danse et l’arbre
- Situé en 2046‑2047, mais dans une perspective utopique.
- Les communautés ont développé des solutions écologiques, culturelles et sociales.
- Le futur est un laboratoire d’espérance.
Croisement
Les deux œuvres travaillent le futur, mais dans des tonalités opposées :
- Accueil‑Fleuve → futur critique
- La danse et l’arbre → futur réparateur
Elles montrent deux faces d’une même question :
Que devient le monde quand on écoute — ou, quand on n’écoute pas — le vivant?
Figures du vivant : fluidité vs enracinement
Accueil‑Fleuve
- Le vivant est fluide, mouvant, instable.
- Le fleuve symbolise la mutation, la perte, la dérive.
- Les humains sont souvent en déséquilibre, en déplacement.
La danse et l’arbre
- Le vivant est enraciné, stable, porteur de continuité.
- L’arbre symbolise la résilience, la mémoire, la croissance.
- Les humains sont en relation, en coévolution avec leur milieu.
Croisement
Fleuve et arbre sont deux archétypes complémentaires :
- le fleuve → ce qui emporte,
- l’arbre → ce qui soutient.
Cette tension structure ma vision du monde :
le vivant est à la fois mouvement et ancrage.
Voix et communautés : fragmentation vs polyphonie harmonique
Accueil‑Fleuve
- Voix multiples, parfois dissonantes.
- Fragmentation narrative qui reflète la crise.
- Les communautés sont en résistance, parfois en rupture.
La danse et l’arbre
- Voix polyphoniques, mais harmonisées.
- Narration plus fluide, plus lumineuse.
- Les communautés sont en coopération, en reconstruction.
Croisement
Les deux œuvres utilisent la polyphonie, mais :
- dans Accueil‑Fleuve, elle exprime la fracture,
- dans La danse et l’arbre, elle exprime la coexistence.
Éthique et politique : critique vs proposition
Accueil‑Fleuve
- Analyse des dérives : déchets, exploitation, injustice, effondrement.
- Vision politique sombre, mais lucide.
- Le texte agit comme alerte.
La danse et l’arbre
- Exploration de solutions : innovations écologiques, solidarités, nouvelles cultures.
- Vision politique constructive.
- Le texte agit comme chemin.
Croisement
Les deux œuvres forment un mouvement dialectique :
- constater (Accueil‑Fleuve)
- réinventer (La danse et l’arbre)
Synthèse croisée
| Axe | Accueil‑Fleuve | La danse et l’arbre |
|---|---|---|
| Territoire | Fleuve blessé, conflictuel | Arbre régénérateur, relationnel |
| Temporalité | Futur critique | Futur utopique |
| Vivants | Fluidité, dérive | Enracinement, croissance |
| Voix | Fragmentation | Polyphonie harmonique |
| Politique | Alerte | Proposition |
| Tonalité | Dystopique | Utopique |
Deux visions complémentaires d’un même monde
Accueil‑Fleuve et La danse et l’arbre ne s’opposent pas :
ils se répondent, comme deux mouvements d’une même œuvre.
- L’un montre ce qui se défait.
- L’autre montre ce qui peut se refaire.
Ensemble, ils composent une poétique du vivant en transition, où le territoire, les communautés et les formes artistiques deviennent des espaces de transformation.
Lecture comparée de mon travail littéraire
(à partir des caractéristiques récurrentes de mes romans, poèmes et textes multimédias)
Poétique du territoire : un ancrage constant, mais modulé selon les œuvres
Dans l’ensemble de mes livres, la Côte‑Nord, le fleuve, les déplacements et les paysages jouent un rôle structurant.
- Dans certains textes, le territoire est sensoriel et intime, lié au deuil, à la mémoire, au passage.
- Dans d’autres, il devient politique et culturel, en dialogue avec les cultures innues, les communautés nord‑côtières ou les enjeux écologiques.
Comparaison :
- Les œuvres poétiques privilégient une expérience intérieure du lieu, souvent métaphorique.
- Les œuvres narratives (romans, fictions hybrides) utilisent le territoire comme cadre social, culturel ou anticipatif, parfois situé dans un futur proche.
Hybridité des formes : un continuum entre poésie, fiction et multimédia
C’est l’une de mes signatures les plus fortes.
- Mes textes poétiques intègrent souvent des images, photos, fragments visuels, ou sont prolongés par des vidéos d’art.
- Mes romans sont fréquemment décrits comme des fictions-poèmes, où la narration linéaire est secondaire par rapport à la musicalité, aux motifs et aux rythmes.
Comparaison :
- Dans les poèmes, l’hybridité sert à ouvrir le texte vers d’autres médiums (image, son, vidéo).
- Dans les romans, elle sert à défaire les frontières du récit traditionnel, créant des formes proches de l’essai poétique ou du journal imagé.
Engagement féministe, social et culturel : une constante, mais avec des intensités différentes
Mon écriture s’inscrit dans une perspective féministe, sociale et territoriale.
- Certains textes sont explicitement liés aux cultures féministes, aux réalités nord‑côtières, aux peuples autochtones.
- D’autres abordent des thèmes sociétaux, comme la vieillesse, la santé, la mort, la résilience, parfois dans un cadre futuriste.
Comparaison :
- Les œuvres les plus narratives portent un engagement thématique explicite (futur proche, enjeux sociaux, résistances).
- Les œuvres poétiques expriment un engagement plus symbolique, par la transformation du langage, la mise en avant du sensible, la réinvention des voix.
Tableau comparatif synthétique
| Critère | Poésie | Romans / Fictions hybrides |
|---|---|---|
| Rapport au territoire | Intime, sensoriel, métaphorique | Social, culturel, parfois anticipatif |
| Forme | Fragmentaire, visuelle, musicale | Narration-poème, structure non linéaire |
| Engagement | Symbolique, incarné dans les images | Explicite, thématique, critique |
| Multimédia | Très présent (photos, vidéos, arts visuels) | Présent, mais intégré à la narration |
| Thèmes dominants | Deuil, transformation, mémoire | Résilience, société, futur, cultures nordiques |
Une lecture comparée de mes travaux littéraires révèle une cohérence profonde :
- une écriture poétique,
- hybride,
- engagée,
- ancrée dans un territoire vécu et pensé.
Mais chaque genre (poésie, roman, fiction multimédia) en déploie une variation spécifique, ce qui donne à mon travail une présence singulière appréciable dans la littérature québécoise contemporaine.
L’ouvrage Mona 2060 dans mon parcours littéraire
L’ouvrage Mona 2060 sera une continuité thématique : le futur comme espace critique et spéculatif.
Ce projet d’écriture en cours, s’inscrit dans la trajectoire déjà amorcée par Accueil‑Fleuve et La danse et l’arbre, où j’explore des futurs possibles pour le Nord et pour le vivant.
Cependant, Mona 2060 pousse plus loin la dimension anticipative et prospective.
- Accueil‑Fleuve : futur critique, fragmenté, dystopique.
- La danse et l’arbre : futur réparateur, communautaire, utopique.
- Mona 2060 : futur « investigatif », journalistique, technologique, situé dans un monde bouleversé par les crises écologiques et sociales.
Ainsi, Mona 2060 prolonge la réflexion sur le futur, mais en adoptant une focalisation narrative différente : non plus la voix poétique ou communautaire, mais la voix de jeunes journalistes qui enquêtent sur les effets du chaos.
Une évolution formelle : de la poétique au narratif spéculatif
Mon travail littéraire est marqué par une forte hybridité formelle (poésie, fiction, arts visuels, multimédias).
Mona 2060 s’inscrit dans cette continuité, mais en modifiant l’équilibre :
- Les œuvres antérieures privilégient la poésie, la fragmentation, la « lyricité ».
- Mona 2060 adopte une forme plus narrative, romanesque, structurée autour d’une enquête.
Ce déplacement formel me permet d’explorer le futur non seulement comme sensation ou vision, mais comme objet d’investigation.
Une cohérence thématique : écologie, Nord, vivant, transformation
Mona 2060 reprend mes grands motifs littéraires :
Le Nord
Comme dans Accueil‑Fleuve et La danse et l’arbre, le Nord est un espace transformé, affecté par les crises climatiques.
Mais ici, il devient aussi un terrain d’enquête, un espace où les journalistes cherchent à comprendre les effets du chaos.
Le vivant
Le vivant demeure un acteur central :
- transformations biologiques,
- nouvelles formes de cohabitation,
- fragilité des écosystèmes.
La transformation
La question du changement — écologique, social, technologique — est au cœur du projet.
Mona 2060 explore comment les sociétés humaines tentent de comprendre et de documenter ces transformations.
Une nouveauté majeure : la perspective journalistique
La perspective journalistique est l’un des apports les plus originaux de Mona 2060.
- Là où les œuvres précédentes donnaient la parole à des voix poétiques, communautaires ou contemplatives,
- Mona 2060 introduit une voix journalistique, plus factuelle, plus analytique, mais toujours sensible.
Cette perspective permet d’aborder le futur sous l’angle de la documentation, de la preuve, de l’archive — une manière de dire que le futur doit être compris, pas seulement imaginé.
Mona 2060 comme pivot : vers une écopoétique de l’enquête
On peut considérer Mona 2060 comme un pivot :
- Accueil‑Fleuve = diagnostic sensible du chaos.
- La danse et l’arbre = proposition utopique de réparation.
- Mona 2060 = enquête sur les effets du chaos et les possibilités de transformation.
Ainsi, Mona 2060 articule les deux pôles de l’œuvre :
la dystopie et l’utopie, la crise et la réparation, le Nord blessé et le Nord en mutation.
La place de Mona 2060 dans mon parcours littéraire
Mona 2060 :
- prolonge les thèmes centraux (Nord, vivant, futur, transformation),
- renouvèle la forme (roman d’enquête spéculatif),
- approfondit la réflexion sur l’Anthropocène,
- et propose une nouvelle manière d’habiter le futur : en enquêtant, en comprenant, en documentant.
C’est une œuvre qui synthétise et réoriente l’ensemble de mon projet littéraire, en ouvrant une voie plus narrative, plus spéculative, mais toujours profondément écologique et relationnelle.
La singularité de mon travail dans le paysage littéraire
Toujours selon Copilot, j’occupe une place unique dans une constellation d’œuvres écologiques québécoises :
Je propose une vision du futur en deux temps
→ Accueil‑Fleuve (alerte)
→ La danse et l’arbre (réparation)
Je travaille une éthique relationnelle du vivant
→ ni refuge, ni menace, ni mutation monstrueuse
→, mais cohabitation, écoute, transformation
Je crée une œuvre transmédiatique
→ texte + image + son + vidéo
→ une écopoétique élargie
J’articule une poétique du passage
→ du chaos à la régénération
→ du fragment à l’harmonie
→ du territoire blessé au territoire vivant
Selon Copilot, je ne suis pas seulement dans le courant de l’écofiction québécoise : je le le déplace, l’élargit, l’ouvre vers une écopoétique du futur possible.
Récits écologiques
Toujours selon Copilot, la littérature québécoise contemporaine connait une intensification remarquable des récits écologiques, en particulier dans le contexte de l’Anthropocène, où les crises environnementales, sociales et politiques reconfigurent les imaginaires du territoire et du vivant. Dans ce paysage, les œuvres de Sylvie Chenard, Christiane Vadnais, Gabrielle Filteau‑Chiba et Gabriel Marcoux‑Chabot occupent une place singulière. Elles mobilisent le Nord — réel, symbolique, spéculatif — comme espace critique, tout en proposant des visions divergentes du futur.
Ces œuvres ne se contentent pas de représenter la nature : elles élaborent des écopoétiques du devenir, où le vivant, le territoire et le temps sont repensés dans une perspective relationnelle et posthumaniste. Elles participent ainsi à penser les crises écologiques non comme des catastrophes isolées, mais comme des processus relationnels qui exigent de nouvelles formes de cohabitation.
Comment Chenard, Vadnais, Filteau‑Chiba et Marcoux‑Chabot mobilisent‑elles le Nord et le vivant pour élaborer des imaginaires du futur oscillant entre crise, réparation, mutation et satire ?
Écopoétique et agentivité du territoire
Dans la perspective de l’écopoétique contemporaine, le Nord n’est pas un simple décor, mais participe à la fabrique du récit, où le lieu devient un opérateur cognitif.
Posthumanisme critique et coévolution
Le vivant n’est plus un objet, mais un partenaire. Cette perspective est essentielle pour comprendre les œuvres de Chenard et Vadnais, où les non humains (fleuve, arbre, organismes mutants) possèdent une agentivité propre.
Matérialisme vibrant et écologie politique
L’approche de la vitalité de la matière permet de lire les œuvres étudiées comme des espaces où les forces non humaines — eau, sol, organismes — participent activement à la dynamique narrative.
Études géoculturelles du Nord
Le Nord est un espace d’imaginaires contrastés : lieu de pureté, de danger, de mutation. Les quatre autrices, auteur mobilisent ce Nord comme laboratoire du vivant, où se rejouent les tensions contemporaines entre effondrement et recomposition.
Le Nord : relation, refuge, mutation, chaos
Sylvie Chenard — Le Nord relationnel
Dans Accueil‑Fleuve, le fleuve est un « corps blessé » qui témoigne des crises contemporaines. Le territoire est un espace liminal où se manifestent les fractures du monde. Dans La danse et l’arbre, l’arbre devient une figure de réparation, de continuité et de coévolution. Le Nord est un écosystème dialogique (dialogue, échange, complexité), rejoignant la notion de matière vibrante.
Gabrielle Filteau‑Chiba — Le Nord refuge
Dans Hexa, le Nord est un refuge radical, un lieu de survie, de résistance et de reconstruction identitaire. Le territoire est vécu dans le corps, dans une temporalité resserrée.
Christiane Vadnais — Le Nord mutant
Dans Les Ressources naturelles, le Nord est transformé par le réchauffement climatique : marais, prolifération, hybridation. Le territoire devient un biotope postnaturel, en écho aux « écologies de ruines ».
Gabriel Marcoux‑Chabot — Le Nord chaotique
Dans Godpèle, le Nord rural est un théâtre grotesque où se déploient dérives sociales et technologiques. Le territoire est déformé, carnavalesque, critique. Le Nord devient un miroir des dysfonctionnements sociaux.
Le vivant : partenaire, allié, mutant, monstrueux
Chenard — Vivant partenaire
Le vivant est un acteur relationnel. Le fleuve et l’arbre participent à la coévolution. Le vivant est porteur de mémoire et de futur.
Filteau‑Chiba — Vivant allié
Le vivant est un compagnon de lutte. Les animaux et la forêt sont des alliés fragiles. Le vivant est menacé, mais encore harmonieux. L’éthique est celle de la protection et de la résistance.
Vadnais — Vivant mutant
Le vivant est hybride, proliférant, indifférent à l’humain. Les frontières interespèces s’effacent. Le vivant poursuit sa trajectoire sans nous.
Marcoux‑Chabot — Vivant monstrueux
Le vivant reflète la dérive sociale : déformations, excès, grotesque. Le vivant devient un miroir critique, un symptôme des pathologies collectives.
Le futur : transition, urgence, posthumanité, dystopie grotesque
Chenard — Futur transitionnel
Accueil‑Fleuve propose un futur critique ; La danse et l’arbre, un futur réparateur. Chenard articule une écopoétique de la bifurcation, en écho à la notion de « futurs pluriels ».
Filteau‑Chiba — Futur urgent
Le futur est déjà là : urgence écologique, survie immédiate. Temporalité resserrée, incarnée. Le futur dépend de l’action individuelle.
Vadnais — Futur posthumain
Le futur est biologique, spéculatif. L’humain n’est plus central. Le vivant évolue sans lui. Le futur est un processus évolutif, non un projet politique.
Marcoux‑Chabot — Futur grotesque
Le futur est une hyperbole critique (exagération d’une idée), rejoignant la tradition dystopique. La satire devient un outil de dénonciation.
Écopoétique
L’analyse révèle quatre régimes distincts du futur et du Nord, qui composent une cartographie plurielle de l’écofiction québécoise.
- Chenard propose une transition entre crise et réparation.
- Filteau‑Chiba inscrit le futur dans l’urgence du présent.
- Vadnais imagine un futur postanthropocène.
- Marcoux‑Chabot utilise le futur comme dispositif satirique.
Ces quatre positions forment un champ dialogique où se rejouent les tensions contemporaines entre effondrement, adaptation, mutation et critique. Elles montrent que le Nord est devenu un espace central pour penser les futurs du vivant.
Chenard, Vadnais, Filteau‑Chiba et Marcoux‑Chabot élaborent quatre imaginaires distincts du futur nordique. Ensemble, ils composent une écopoétique polyphonique où le Nord devient un espace critique, spéculatif et relationnel. Ces œuvres invitent à repenser le vivant, le territoire et le futur dans une perspective qui dépasse l’anthropocentrisme et ouvre la voie à de nouvelles formes d’habitabilité.
Tableau comparatif
| Axe | Chenard | Filteau‑Chiba | Vadnais | Marcoux‑ Chabot |
|---|---|---|---|---|
| Territoire | Relationnel | Refuge | Mutant | Chaotique |
| Vivant | Partenaire | Alliés | Hybrides | Monstrueux |
| Futur | Transition | Urgence | Posthumain | Dystopie grotesque |
| Forme | Hybridité multimédia | Journal incarné | Vignettes cliniques | Polyphonie satirique |
| Tonalité | Dystopie → Utopie | Réalisme écologique | Écofiction spéculative | Satire dystopique |
| Éthique | Cohabitation | Résistance | Décentrement | Dénonciation |
Quatre visions, quatre mondes
Sylvie Chenard
→ propose une écopoétique du passage, du chaos à la réparation.
→ Une vision relationnelle, holistique, transmédiatique.
Gabrielle Filteau‑Chiba
→ L’écologie comme survie, engagement, intimité.
Christiane Vadnais
→ L’écologie comme mutation, décentrement, posthumanité.
Gabriel Marcoux‑Chabot
→ L’écologie comme satire, dérive sociale, grotesque dystopique.
Ensemble, elles et il composent la cartographie la plus riche et la plus contrastée de l’écofiction québécoise actuelle dixit Copilot.
CARTE CONCEPTUELLE — ÉCOFICTION QUÉBÉCOISE CONTEMPORAINE
(Chenard × Filteau‑Chiba × Vadnais × Marcoux‑Chabot)
| Sylvie Chenard | Gabrielle Filteau-Chiba | Christiane Vadnais | Gabriel Marcoux-Chabot |
|---|---|---|---|
| Territoire relationnelle (fleuve ↔ arbre) | Territoire refuge (forêt protectrice) | Territoire mutant (marais autonome) | Territoire chaotique |
| Vivant partenaire (cohabitation) | Vivant allié (solidarité) | Vivant hybride (posthumain) | Vivant monstrueux |
| Futur transitionnel (dystopie ↔ utopie) | Futur immédiat (urgence écologique) | Futur postanthropocène (mutation du vivant) | Futur dystopique grotesque |
| Hybridité multimédia (texte‑image‑son‑vidéo) | Journal incarné (voix intime) | Vignettes cliniques (poétique scientifique) | Forme carnavalesque satirique |
Synthèse comparative élargie
| Axe | Filteau‑Chiba | Marcoux‑Chabot | Vadnais | Chenard |
|---|---|---|---|---|
| Territoire | Refuge forestier | Rural grotesque | Marais mutant | Fleuve blessé → forêt réparatrice |
| Tonalité | Réalisme écologique | Satire dystopique | Écofiction spéculative | Dystopie → Utopie |
| Vivants | Alliés menacés | Déformés | Mutants | Partenaires relationnels |
| Futur | Présent urgent | Dystopie grotesque | Postanthropocène | Transition possible |
| Forme | Journal | Polyphonie satirique | Vignettes | Hybridité multimédia |
| Rapport à l’humain | Central, mais vulnérable | Déformé, critiqué | Marginal | En relation avec le non‑humain |
Bibliographie théorique selon Copilot
Écopoétique et humanités environnementales
Buell, Lawrence. The Environmental Imagination: Thoreau, Nature Writing, and the Formation of American Culture. Harvard University Press, 1995.
Buell, Lawrence. The Future of Environmental Criticism. Blackwell, 2005.
Heise, Ursula K. Sense of Place and Sense of Planet: The Environmental Imagination of the Global. Oxford University Press, 2008.
Heise, Ursula K. Imagining Extinction: The Cultural Meanings of Endangered Species. University of Chicago Press, 2016.
Ghosh, Amitav. The Great Derangement: Climate Change and the Unthinkable. University of Chicago Press, 2016.
Rigby, Kate. Topographies of the Sacred: The Poetics of Place in European Romanticism. University of Virginia Press, 2004.
Iovino, Serenella & Serpil Oppermann. Material Ecocriticism. Indiana University Press, 2014.
Posthumanisme, vivant et coévolution
Haraway, Donna J. Staying with the Trouble: Making Kin in the Chthulucene. Duke University Press, 2016.
Haraway, Donna J. When Species Meet. University of Minnesota Press, 2008.
Braidotti, Rosi. The Posthuman. Polity Press, 2013.
Braidotti, Rosi. Posthuman Knowledge. Polity Press, 2019.
Wolfe, Cary. What Is Posthumanism? University of Minnesota Press, 2010.
Tsing, Anna Lowenhaupt. The Mushroom at the End of the World. Princeton University Press, 2015.
Barad, Karen. Meeting the Universe Halfway: Quantum Physics and the Entanglement of Matter and Meaning. Duke University Press, 2007.
Agentivité du non humain, matérialisme vibrant, écologie politique
Latour, Bruno. Nous n’avons jamais été modernes. La Découverte, 1991.
Latour, Bruno. Face à Gaïa. La Découverte, 2015.
Bennett, Jane. Vibrant Matter: A Political Ecology of Things. Duke University Press, 2010.
Descola, Philippe. Par‑delà nature et culture. Gallimard, 2005.
Ingold, Tim. Being Alive: Essays on Movement, Knowledge and Description. Routledge, 2011.
Ingold, Tim. The Perception of the Environment. Routledge, 2000.
Géopoétique, territoire et Nord
Collot, Michel. La pensée-paysage. Actes Sud, 2011.
Collot, Michel. Pour une géographie littéraire. Corti, 2014.
White, Kenneth. Le plateau de l’albatros : Introduction à la géopoétique. Grasset, 1994.
Chartier, Daniel. Le lieu du Nord. Presses de l’Université du Québec, 2015.
Chartier, Daniel. Le froid : études de l’imaginaire du Nord. PUQ, 2018.
Dorion, Henri. Le Québec nordique. Québec Amérique, 2012.
Laugrand, Frédéric. Au cœur du monde inuit. Presses de l’Université Laval, 2019.
Théories du futur, dystopie, utopie, anticipation
Moylan, Tom. Scraps of the Untainted Sky: Science Fiction, Utopia, Dystopia. Westview Press, 2000.
Jameson, Fredric. Archaeologies of the Future: The Desire Called Utopia and Other Science Fictions. Verso, 2005.
Berardi, Franco “Bifo.” After the Future. AK Press, 2011.
Suvin, Darko. Metamorphoses of Science Fiction. Yale University Press, 1979.
Levitas, Ruth. Utopia as Method. Palgrave Macmillan, 2013.
Wark, McKenzie. Molecular Red: Theory for the Anthropocene. Verso, 2015.
Théories de la multimodalité, arts hybrides et intermédialité
Chion, Michel. L’audio‑vision : Son et image au cinéma. Armand Colin, 1990.
Rajewsky, Irina O. “Intermediality, Intertextuality, and Remediation.” Intermédialités, 2005.
Clüver, Claus. “Intermediality and Interarts Studies.” Interfaces, 2007.
Mitchell, W. J. T. What Do Pictures Want? University of Chicago Press, 2005.
Références secondaires sur l’écofiction québécoise (pour situer Chenard)
Vadnais, Christiane. Les Ressources naturelles. Alto, 2020.
Filteau‑Chiba, Gabrielle. Encabanée ; Sauvagines ; Bivouac ; HExa. XYZ / Libre Expression.
Marcoux‑Chabot, Gabriel. Godpèle. Alto, 2016.
Lemire, Vincent. “Écopoétique et littérature québécoise contemporaine.” Voix et Images, 2021.
Bouchard, François. “Territoire, Nord et écologie dans la littérature québécoise.” Recherches sociographiques, 2019.

















