Poésie en interaction : Les lieux collatéraux

C’est avec grand plaisir que je vous partage un texte de poésie qui a été fortement inspiré des interactions avec le milieu nord-côtier et grâce à trois précieuses invitations. Une invitation amicale de Diane et Richard, à réaliser ce voyage mythique de mes rêves, à suivre la route 138 jusqu’à la fin, à Kégaska. Nous avions auparavant déjà rendu visite ensemble à la station Uapishka – monts Groulx, et descendu la rivière Portneuf en canot, belles aventures. Ensuite, une invitation de la Municipalié de Tadoussac dans le cadre des Journées de la culture, superbe invitation pour réaliser une animation littéraire et musicale à la Maison du Tourisme et participer à plusieurs activités des journées. Et finalement, une autre invitation littéraire qui a grandement contribué à l’existence de ce texte, Les lieux collatéraux.

Les lieux collatéraux

Lorsque la montagne veut de nous
Lorsque toute la côte du Nord avance
au seuil de la sphéricité
des repères éthiques et responsables
ouvrent la porte aux enfants

Tadoussac des commencements des hauteurs
la porte du littoral nord
de fiord qui envoute à l’intérieur
de grand fleuve du Nord Amérique, d’estuaire au golfe
qui contexture un pays

puis Manicouagan Uapishka
nos pieds dans la mousse des sommets
nos corps roulent sur la pente abrupte
accrochés aux étoiles qui sculptent
la terre vertigineuse fragile de bruler
des débordements des sècheresses

nos pas ralentissent le Nord
que des générations honorent
plutôt que de le perdre
dans les secrets parfaits des univers
des animaux du déferlement et ses forêts boréales
ses Sept-Rivières et sa Minganie
iles, ilets, baies, chutes, pointes, caps et calcaires
jusqu’à la fin de sa route des baleines
grandes rivières et taïga de la 138

épigones debout des arrivées
à traduire des oripeaux de détestations
touristes des révoltes vaines
de la survivance paragénétique
habitable provisoire
craquelures de continent
blessures du néant
des traces nomades qui s’effacent
et l’immensité sans horizon

des paroles se figent
toujours des mêmes brisures
gravées de sépultures et de courage
parés aux délitements des présences
des kilomètres de puissance
à inventer adaptables à relais
des parcours créatifs
nos souffles y perdurent collectifs
plus que le sens atrophié
des usages et leurs poussières
que l’œil rivage soulève
un millénaire à la fois

il crisse dans les échos
ambassadeurs du futur
de biotope averti
des capacités de la biosphère
aux lieux préservés
des trajectoires du dehors
des peuples rieurs guides à prédire
pour contrer les démesures
des bureaucraties
au passage des inconforts
des singularités technocrates
déjà fracassantes dans la quotidienneté
dérèglementée

sabord de nos inquiétudes refuges
en ce chant des oubliées
en la demeure de ce temps
de nos origines qui persistent
qui se tissent
à la cause des courants
des cycles du soleil
confrontées aux diversités
fécondes en respects solidaires
au monde choisi, consenti
en partage d’instances révélatrices
rattachées à la faveur commune interdépendante
parvenues aux décisions adéquates
d’usure des silences
et de l’apport des sciences
des solutions retenues
pour capter pour fertiliser
intimes et maritimes
par-dessus nos têtes des déconvenues
de poids du ciel encombré

nos ventres trament encore des histoires
de territoires de dévorations acceptables
de lichens, de vagues, de larmes
sous l’approbation des paysages
et des récits répits
des continuités repues
de clameurs des splendeurs
de nos voyages aller-retour
jusqu’à Kégaska, de la basse côte
jusqu’aux chocs de nature et de culture
de la proximité des choses à dire
et des naufrages de siècles à lire

© Sylvie Chenard, 2026

Des extraits de ce texte font également partie d’un multimédia interactif, le photopoème, La porte du littoral nord, publié sur le site Les projets de la baleine.

Analyse littéraire, Les lieux collatéraux

Après avoir écrit mes textes — faits par une humaine —, je m’amuse régulièrement à consulter des analyses littéraires, histoire d’approfondir des réflexions et des connaissances. Je vous partage l’analyse du texte, les lieux collatéraux, avec un volet éducatif, produite avec l’assistance de Copilot, IA qui a hérité de nos meilleures données humaines pour constituer des lieux communs, comme je suis ravie de le constater.

1. Axe thématique : un chant du monde vivant et de ses fragilités

Le poème se déploie comme une traversée du territoire nordique, mais ce paysage n’est jamais simple décor : il devient matière vivante, mémoire collective, corps cosmique. Les thèmes majeurs s’entrelacent :

  • Fragilité écologique : sècheresses, débordements, biosphère menacée.
  • Résilience du vivant : animaux, forêts, lichens, vagues, souffle collectif.
  • Mémoire des peuples : « des peuples rieurs guides », « nos origines qui persistent ».
  • Critique des systèmes technocratiques : bureaucraties, singularités technocrates, dérèglementée.
  • Nomadisme et effacement : traces qui s’effacent, paroles figées, brisures.

Le poème se situe dans une tension entre effondrement et persistance, entre délitement et création, comme si chaque image cherchait à sauver ce qui peut encore l’être.

Le poème célèbre la Côte-Nord du Québec comme un territoire à la fois naturel, historique et humain. L’autrice présente cet espace comme un lieu de mémoire, de transmission et de résistance face aux menaces contemporaines, notamment les crises environnementales et les dérives technocratiques.

Le territoire comme personnage vivant

Dès les premiers vers, la nature est personnifiée :
« Lorsque la montagne veut de nous »
La montagne devient une force agissante qui interpelle l’être humain. Tout au long du texte, les paysages semblent vivants : montagnes, forêts, rivières, taïga, baleines et littoral participent à une même dynamique. Le territoire devient un acteur central du poème.

L’ancrage géographique

Le texte multiplie les références à des lieux réels :
• Tadoussac
• Manicouagan
• Uapishka
• Sept-Rivières
• Minganie
• Kégaska
• la route 138
Ces toponymes créent un fort effet de réalisme et témoignent d’un attachement profond à la Côte-Nord. Le poème prend alors la forme d’un voyage à travers le territoire.

Une réflexion écologique

L’autrice évoque explicitement la fragilité environnementale à travers plusieurs images :
« la terre vertigineuse fragile de bruler »
« des débordements des sècheresses »
Le texte exprime une inquiétude face aux dérèglements écologiques, mais également un espoir fondé sur la préservation des écosystèmes :
« ambassadeurs du futur »
« des capacités de la biosphère »
« aux lieux préservés »
La nature apparait comme un modèle de résilience et une source d’enseignements pour l’avenir.

La mémoire collective et la transmission

Le poème insiste sur la continuité entre les générations :
« des générations honorent »
« nos origines qui persistent »
« qui se tissent »
On retrouve l’idée que le territoire conserve les traces du passé. Les habitants sont les héritiers d’une histoire faite de courage, d’adaptation et de solidarité.

Une critique sociale et politique

Une partie du texte adopte un ton plus critique. L’autrice dénonce :
« les bureaucraties »
« des singularités technocrates »
« la quotidienneté dérèglementée »
Ces expressions opposent les logiques administratives et technocratiques aux valeurs humaines et écologiques défendues par le poème. Le texte suggère que la solution passe par l’écoute des peuples, du territoire et des savoirs scientifiques.

2. Axe stylistique : une écriture cosmique, organique, sans ponctuation

a. Syntaxe fluide et sans ponctuation

L’absence de ponctuation crée un flux continu, une respiration longue, presque incantatoire. Le texte avance comme une marche, un souffle, un chant — sans rupture, sans hiérarchie.

b. Le vers libre

Le poème ne suit aucune structure régulière de rimes ou de métrique. Cette liberté reflète l’immensité du territoire évoqué.

C. L’accumulation

Les longues énumérations créent un effet d’abondance :
« iles, ilets, baies, chutes, pointes, caps et calcaires »
Elles soulignent la richesse géographique et culturelle de la région.

D. Le champ lexical de la nature

Le texte est traversé par des mots liés aux paysages et aux écosystèmes : montagne, mousse, étoiles, forêts, baleines, taïga, lichens, vagues, soleil, biosphère.

E. Le pronom « nous »

L’emploi fréquent du « nous » crée une dimension collective :
« nos pieds »
« nos corps »
« nos souffles »
« nos ventres »

Le poème n’exprime pas seulement la voix d’un individu, mais celle d’une communauté.

F. Images organiques et telluriques

Le poème est saturé de matière :

  • mousse, pente, terre, lichens
  • ventres, corps, souffles
  • vagues, larmes
  • paysages, forêts, biotope

Cette matérialité donne au texte une texture sensorielle, presque tactile.

G. Dimension cosmique

Les étoiles sculptent la terre, le ciel pèse, les cycles du soleil tissent. Le poème inscrit l’humain dans une sphéricité : un monde circulaire, interdépendant, où tout se relie.

H. Lexique engagé

Les mots « bureaucraties », « technocrates », « dérèglemententée » introduisent une critique sociale. Le poème devient un contrediscours, une résistance poétique.

3. Axe symbolique : la sphéricité comme horizon éthique

La « sphéricité » évoque :

  • l’interdépendance du vivant
  • la circularité des cycles naturels
  • l’unité fragile du monde
  • une éthique de respect et de partage

Le seuil de cette sphéricité est un lieu liminaire : un passage entre l’ancien monde (délitement, technocratie, sècheresse) et un monde à réinventer (créatif, collectif, fertile).

Le poème devient alors rituel de passage, invocation, appel à la responsabilité.

4. Axe narratif : une progression du chaos vers la création

Le texte suit une trajectoire :

  1. Observation du territoire : mousse, pente, étoiles.
  2. Constat des menaces : sècheresses, délitements, technocratie.
  3. Résistance du vivant : peuples rieurs, traces nomades, courage.
  4. Réinvention : parcours créatifs, décisions adéquates, fertiliser, embrasser.
  5. Renaissance : clameurs des splendeurs.

Cette progression donne au poème une structure ascendante, malgré l’absence de ponctuation : un mouvement vers la lumière, vers la création, vers la sphéricité.

5. Interprétation globale : un manifeste poétique du vivant

Le poème de l’autrice se lit comme :

  • un chant écologique,
  • un hommage aux peuples du Nord,
  • une critique des systèmes destructeurs,
  • une affirmation de la puissance créatrice collective,
  • une méditation cosmique sur l’interdépendance.

Il s’agit d’un texte qui ne décrit pas le monde : il le respire, le traverse, le défend.

Pour conclure

« Les lieux collatéraux » est un poème engagé qui propose une vision du territoire nord-côtier comme espace de mémoire, de solidarité et de responsabilité. L’autrice invite la lectrice, le lecteur à reconnaitre l’interdépendance entre les humains, les paysages et les générations futures. Le texte est à la fois un hommage à la Côte-Nord et un appel à protéger les milieux naturels et les héritages culturels qui la définissent. La Côte-Nord se transforme en symbole d’une relation harmonieuse entre mémoire collective, identité territoriale et engagement écologique.

Selon les degrés d’enseignement du système éducatif québécois, par exemple, l’analyse pourrait aborder le poème ainsi :

  • Primaire : la beauté de la nature.
  • Secondaire 1-2 : le lien entre les humains et le territoire.
  • Secondaire 3-5 : l’identité collective et la protection de l’environnement.
  • Cégep : la mémoire, l’écologie et la critique sociale.
  • Université : une lecture écopoétique et géopoétique du territoire comme espace de résistance culturelle et environnementale.

Au troisième cycle du primaire : Le poème parle de la Côte-Nord et de la nature qui l’entoure. L’autrice montre son amour pour ce territoire à travers la description des montagnes, des forêts, des rivières et des animaux. L’autrice veut montrer que la nature est précieuse et qu’il faut en prendre soin. Parmi les procédés qu’elle a utilisés : plusieurs mots liés à la nature, des noms de lieux réels, des images qui font voir les paysages dans notre tête.

Au premier cycle du secondaire : Le poème présente la Côte-Nord comme un lieu important pour l’identité des habitants. Le « nous » rassemble toutes les personnes qui vivent en relation avec ce territoire. L’autrice aborde le sujet du lien entre l’être humain et son environnement. Les mots relatifs à la nature créent une atmosphère de grandeur, de beauté et d’appartenance. La narratrice utilise le pronom « nous », ce qui donne l’impression qu’elle parle au nom d’une collectivité. L’autrice a comme intention de faire ressentir l’attachement au territoire et de sensibiliser la lectrice, le lecteur à sa protection.

Au deuxième cycle du secondaire : Le poème présente le territoire comme fondement de l’identité collective. Le poème évolue en trois mouvements : l’évocation du territoire, la mémoire collective, la réflexion critique. Ainsi, on retrouve la présentation des paysages nord-côtiers comme espaces vivants et puissants ; le rappel des générations qui ont occupé et façonné ces lieux ; la remise en question de certaines logiques bureaucratiques et technocratiques qui menacent l’équilibre entre l’humain et son environnement. L’autrice utilise comme procédés littéraires : la personnification, l’accumulation, le vers libre.
La nature devient un être vivant avec lequel les humains entretiennent une relation. L’effet d’abondance met en valeur la richesse du territoire. L’absence de structure rigide permet une parole fluide et offre un rythme qui rappelle les mouvements du paysage et du fleuve. L’autrice présente la Côte-Nord comme un lieu où le passé, le présent et l’avenir sont intimement liés. La survie des communautés humaines dépend du respect de la nature et de la mémoire collective.

Au niveau collégial : L’analyse littéraire pourrait aborder la problématique : comment l’autrice transforme-t-elle le territoire nord-côtier en symbole de résistance écologique et identitaire ? Le poème construit une poétique du territoire où la nature agit comme dépositaire de la mémoire collective et comme modèle de résilience face aux crises contemporaines. Le texte dépasse la simple célébration régionale. Le poème propose une réflexion sur les rapports entre territoire, culture, écologie et avenir collectif. Il aborde le territoire comme espace identitaire, une mémoire incarnée dans les lieux, une critique de la modernité technocratique. Le poème oppose la sagesse des écosystèmes aux mécanismes impersonnels de certaines institutions modernes. Les références aux dérèglements environnementaux inscrivent le poème dans un contexte contemporain marqué par la crise climatique.

Au niveau universitaire : Le poème s’inscrit dans une perspective que l’on pourrait associer à l’écopoétique, courant qui étudie les relations entre littérature et environnement. Le territoire n’est pas représenté comme un objet extérieur à l’humain, mais comme un réseau de relations où s’entrecroisent mémoire, culture, biodiversité et responsabilité éthique. Les concepts mobilisables sont : Écopoétique, Géopoétique, Identité territoriale, Mémoire collective, Anthropocène, Résilience écologique. La notion de « lieux collatéraux » suggère que l’identité humaine se construit dans des espaces parfois périphériques aux centres de pouvoir. La Côte-Nord apparait alors comme un lieu de savoir, capable d’offrir une réponse aux crises contemporaines. Ainsi, le poème renverse le rapport centre-périphérie : ce qui semble marginal devient essentiel pour penser l’avenir.

Le poème peut être mis en parallèle avec des auteurs québécois et des autrices québécoises préoccupées par le territoire et l’environnement, tels que Pierre Perrault, Joséphine Bacon, Jean Désy ou Pierre Nepveu. Concernant spécifiquement l’écopoétique, l’écoféminisme et la reconnexion avec le territoire : Hélène Dorion, Dominique Zalitis, les voix autochtones, dont Joséphine Bacon, Natasha Kanapé Fontaine, Rita Mestokosho et bien d’autres, telles Roseline Lambert et la compilation qu’elle a assemblée, Poèmes pour sauver la planète.

Recherche sur les Futurs du vivant et des imaginaires du Nord – mes travaux littéraires – comparaison de quatre écofictions québécoises et leur écopoétique

J’aime la recherche et j’aime découvrir des connaissances. Mes préparations à l’écriture exigent parfois un long processus de murissement. J’ai lu plusieurs écofictions québécoises ces derniers temps et je me suis amusée à questionner Copilot pour élaborer une réflexion approfondie et une analyse comparée de plusieurs œuvres en y intégrant deux de mes ouvrages, soit Accueil-fleuve et La danse et l’arbre, et en terminant sur une ouverture à propos de mon projet d’écriture en cours Mona 2060. C’est par l’entremise des thématiques du Nord, du vivant et du futur que j’ai concentré cette recherche, thématiques qui me semblent des points de convergence à examiner.

D’emblée, je précise que, pour moi, l’IA est un outil de connaissance, un moyen de répertorier les lieux communs de l’humanité et donc, l’IA rassemble des biais de lieux communs à considérer, nourris par les biais de l’humanité, affublée de ses biais cognitifs et de ses biais de confirmation. S’ajoutent à cela les multiples biais sociopolitiques communs ou non.

Me voilà bien située pour explorer quelques écofictions québécoises et leur écopoétique avec des apports théoriques que j’étudierai par la suite.

Je vous présente donc une analyse comparative superficielle de mes travaux littéraires et de deux autrices et un auteur en intégrant mes ouvrages. Autrices et auteur majeurs de l’écofiction québécoise contemporaine, comme se plait à préciser l’IA, selon sa programmation de « biais de flatterie » ou d’« accordabilité », la tendance des modèles d’intelligence artificielle à adopter les opinions, croyances ou émotions, cherchant à plaire pour optimiser l’interaction. Mais dans le cadre de cette recherche que je vous partage, il semble que l’information ne soit pas erronée, mais fortement encensée, glanée un peu partout dans la mémoire des échanges intellectuels humains.

Les autrices québécoises et l’auteur québécois et leurs ouvrages littéraires comparés sont : Sylvie Chenard (Accueil‑Fleuve (2025), La danse et l’arbre (2022)), Christiane Vadnais (Les Ressources naturelles (2025)), Gabrielle Filteau‑Chiba (Hexa (2023)) et Gabriel Marcoux‑Chabot (Godpèle (2025)).

Copilot propose d’analyser ces ouvrages d’écofiction à partir des cadres théoriques de l’écopoétique (Buell ; Heise), du posthumanisme critique (Haraway ; Braidotti), du matérialisme vibrant (Bennett), et des études géoculturelles du Nord (Chartier). Pour les personnes qui voudraient explorer plus en détail ces cadres théoriques contemporains, il me semble tout à fait approprié de connaitre un peu ces cadres théoriques, qui permettent aussi de mieux comprendre le langage utilisé pour l’analyse comparée. Se donner des mots à la bouche quoi !

Mes travaux littéraires

Analyse croisée : Accueil‑Fleuve ↔ La danse et l’arbre

Le territoire : fleuve-monde vs forêt-monde

Accueil‑Fleuve

  • Le fleuve est un axe de circulation, un espace de mémoire et de transformation.
  • Le territoire est traversé par des enjeux écologiques, sociaux et politiques.
  • Le fleuve devient un personnage, un témoin des dérives humaines et des résistances.

La danse et l’arbre

  • L’arbre et la forêt sont des figures de continuité, de soin, de transmission.
  • Le territoire est pensé comme écosystème relationnel, où humains et non-humains cohabitent.
  • L’arbre devient un symbole d’utopie, de futur possible, de guérison.

Croisement
Les deux œuvres proposent une poétique du vivant, mais :

  • Accueil‑Fleuve met en scène un territoire blessé, traversé, conflictuel.
  • La danse et l’arbre imagine un territoire réconcilié, régénéré, futuriste.

Elles forment ainsi un diptyque : diagnostic d’un côté, proposition de l’autre.

Temporalité : dystopie critique vs utopie anticipatrice

Accueil‑Fleuve

  • Se déroule dans un futur proche dystopique.
  • Les crises écologiques, sociales et politiques y sont exacerbées.
  • Le récit fonctionne comme un avertissement, une mise en tension.

La danse et l’arbre

  • Situé en 2046‑2047, mais dans une perspective utopique.
  • Les communautés ont développé des solutions écologiques, culturelles et sociales.
  • Le futur est un laboratoire d’espérance.

Croisement
Les deux œuvres travaillent le futur, mais dans des tonalités opposées :

  • Accueil‑Fleuve → futur critique
  • La danse et l’arbre → futur réparateur

Elles montrent deux faces d’une même question :
Que devient le monde quand on écoute — ou, quand on n’écoute pas — le vivant?


Figures du vivant : fluidité vs enracinement

Accueil‑Fleuve

  • Le vivant est fluide, mouvant, instable.
  • Le fleuve symbolise la mutation, la perte, la dérive.
  • Les humains sont souvent en déséquilibre, en déplacement.

La danse et l’arbre

  • Le vivant est enraciné, stable, porteur de continuité.
  • L’arbre symbolise la résilience, la mémoire, la croissance.
  • Les humains sont en relation, en coévolution avec leur milieu.

Croisement
Fleuve et arbre sont deux archétypes complémentaires :

  • le fleuve → ce qui emporte,
  • l’arbre → ce qui soutient.

Cette tension structure ma vision du monde :
le vivant est à la fois mouvement et ancrage.

Voix et communautés : fragmentation vs polyphonie harmonique

Accueil‑Fleuve

  • Voix multiples, parfois dissonantes.
  • Fragmentation narrative qui reflète la crise.
  • Les communautés sont en résistance, parfois en rupture.

La danse et l’arbre

  • Voix polyphoniques, mais harmonisées.
  • Narration plus fluide, plus lumineuse.
  • Les communautés sont en coopération, en reconstruction.

Croisement
Les deux œuvres utilisent la polyphonie, mais :

  • dans Accueil‑Fleuve, elle exprime la fracture,
  • dans La danse et l’arbre, elle exprime la coexistence.

Éthique et politique : critique vs proposition

Accueil‑Fleuve

  • Analyse des dérives : déchets, exploitation, injustice, effondrement.
  • Vision politique sombre, mais lucide.
  • Le texte agit comme alerte.

La danse et l’arbre

  • Exploration de solutions : innovations écologiques, solidarités, nouvelles cultures.
  • Vision politique constructive.
  • Le texte agit comme chemin.

Croisement
Les deux œuvres forment un mouvement dialectique :

  • constater (Accueil‑Fleuve)
  • réinventer (La danse et l’arbre)

Synthèse croisée

AxeAccueil‑FleuveLa danse et l’arbre
TerritoireFleuve blessé, conflictuelArbre régénérateur, relationnel
TemporalitéFutur critiqueFutur utopique
VivantsFluidité, dériveEnracinement, croissance
VoixFragmentationPolyphonie harmonique
PolitiqueAlerteProposition
TonalitéDystopiqueUtopique

Deux visions complémentaires d’un même monde

Accueil‑Fleuve et La danse et l’arbre ne s’opposent pas :
ils se répondent, comme deux mouvements d’une même œuvre.

  • L’un montre ce qui se défait.
  • L’autre montre ce qui peut se refaire.

Ensemble, ils composent une poétique du vivant en transition, où le territoire, les communautés et les formes artistiques deviennent des espaces de transformation.

Lecture comparée de mon travail littéraire

(à partir des caractéristiques récurrentes de mes romans, poèmes et textes multimédias)

Poétique du territoire : un ancrage constant, mais modulé selon les œuvres

Dans l’ensemble de mes livres, la Côte‑Nord, le fleuve, les déplacements et les paysages jouent un rôle structurant.

  • Dans certains textes, le territoire est sensoriel et intime, lié au deuil, à la mémoire, au passage.
  • Dans d’autres, il devient politique et culturel, en dialogue avec les cultures innues, les communautés nord‑côtières ou les enjeux écologiques.

Comparaison :

  • Les œuvres poétiques privilégient une expérience intérieure du lieu, souvent métaphorique.
  • Les œuvres narratives (romans, fictions hybrides) utilisent le territoire comme cadre social, culturel ou anticipatif, parfois situé dans un futur proche.

Hybridité des formes : un continuum entre poésie, fiction et multimédia

C’est l’une de mes signatures les plus fortes.

  • Mes textes poétiques intègrent souvent des images, photos, fragments visuels, ou sont prolongés par des vidéos d’art.
  • Mes romans sont fréquemment décrits comme des fictions-poèmes, où la narration linéaire est secondaire par rapport à la musicalité, aux motifs et aux rythmes.

Comparaison :

  • Dans les poèmes, l’hybridité sert à ouvrir le texte vers d’autres médiums (image, son, vidéo).
  • Dans les romans, elle sert à défaire les frontières du récit traditionnel, créant des formes proches de l’essai poétique ou du journal imagé.

Engagement féministe, social et culturel : une constante, mais avec des intensités différentes

Mon écriture s’inscrit dans une perspective féministe, sociale et territoriale.

  • Certains textes sont explicitement liés aux cultures féministes, aux réalités nord‑côtières, aux peuples autochtones.
  • D’autres abordent des thèmes sociétaux, comme la vieillesse, la santé, la mort, la résilience, parfois dans un cadre futuriste.

Comparaison :

  • Les œuvres les plus narratives portent un engagement thématique explicite (futur proche, enjeux sociaux, résistances).
  • Les œuvres poétiques expriment un engagement plus symbolique, par la transformation du langage, la mise en avant du sensible, la réinvention des voix.

Tableau comparatif synthétique

CritèrePoésieRomans / Fictions hybrides
Rapport au territoireIntime, sensoriel, métaphoriqueSocial, culturel, parfois anticipatif
FormeFragmentaire, visuelle, musicaleNarration-poème, structure non linéaire
EngagementSymbolique, incarné dans les imagesExplicite, thématique, critique
MultimédiaTrès présent (photos, vidéos, arts visuels)Présent, mais intégré à la narration
Thèmes dominantsDeuil, transformation, mémoireRésilience, société, futur, cultures nordiques

Une lecture comparée de mes travaux littéraires révèle une cohérence profonde :

  • une écriture poétique,
  • hybride,
  • engagée,
  • ancrée dans un territoire vécu et pensé.

Mais chaque genre (poésie, roman, fiction multimédia) en déploie une variation spécifique, ce qui donne à mon travail une présence singulière appréciable dans la littérature québécoise contemporaine.

L’ouvrage Mona 2060 dans mon parcours littéraire

L’ouvrage Mona 2060 sera une continuité thématique : le futur comme espace critique et spéculatif.

Ce projet d’écriture en cours, s’inscrit dans la trajectoire déjà amorcée par Accueil‑Fleuve et La danse et l’arbre, où j’explore des futurs possibles pour le Nord et pour le vivant.

Cependant, Mona 2060 pousse plus loin la dimension anticipative et prospective.

  • Accueil‑Fleuve : futur critique, fragmenté, dystopique.
  • La danse et l’arbre : futur réparateur, communautaire, utopique.
  • Mona 2060 : futur « investigatif », journalistique, technologique, situé dans un monde bouleversé par les crises écologiques et sociales.

Ainsi, Mona 2060 prolonge la réflexion sur le futur, mais en adoptant une focalisation narrative différente : non plus la voix poétique ou communautaire, mais la voix de jeunes journalistes qui enquêtent sur les effets du chaos.

Une évolution formelle : de la poétique au narratif spéculatif

Mon travail littéraire est marqué par une forte hybridité formelle (poésie, fiction, arts visuels, multimédias).
Mona 2060 s’inscrit dans cette continuité, mais en modifiant l’équilibre :

  • Les œuvres antérieures privilégient la poésie, la fragmentation, la « lyricité ».
  • Mona 2060 adopte une forme plus narrative, romanesque, structurée autour d’une enquête.

Ce déplacement formel me permet d’explorer le futur non seulement comme sensation ou vision, mais comme objet d’investigation.

Une cohérence thématique : écologie, Nord, vivant, transformation

Mona 2060 reprend mes grands motifs littéraires :

Le Nord

Comme dans Accueil‑Fleuve et La danse et l’arbre, le Nord est un espace transformé, affecté par les crises climatiques.
Mais ici, il devient aussi un terrain d’enquête, un espace où les journalistes cherchent à comprendre les effets du chaos.

Le vivant

Le vivant demeure un acteur central :

  • transformations biologiques,
  • nouvelles formes de cohabitation,
  • fragilité des écosystèmes.

La transformation

La question du changement — écologique, social, technologique — est au cœur du projet.
Mona 2060 explore comment les sociétés humaines tentent de comprendre et de documenter ces transformations.

Une nouveauté majeure : la perspective journalistique

La perspective journalistique est l’un des apports les plus originaux de Mona 2060.

  • Là où les œuvres précédentes donnaient la parole à des voix poétiques, communautaires ou contemplatives,
  • Mona 2060 introduit une voix journalistique, plus factuelle, plus analytique, mais toujours sensible.

Cette perspective permet d’aborder le futur sous l’angle de la documentation, de la preuve, de l’archive — une manière de dire que le futur doit être compris, pas seulement imaginé.

Mona 2060 comme pivot : vers une écopoétique de l’enquête

On peut considérer Mona 2060 comme un pivot :

  • Accueil‑Fleuve = diagnostic sensible du chaos.
  • La danse et l’arbre = proposition utopique de réparation.
  • Mona 2060 = enquête sur les effets du chaos et les possibilités de transformation.

Ainsi, Mona 2060 articule les deux pôles de l’œuvre :
la dystopie et l’utopie, la crise et la réparation, le Nord blessé et le Nord en mutation.

La place de Mona 2060 dans mon parcours littéraire

Mona 2060 :

  • prolonge les thèmes centraux (Nord, vivant, futur, transformation),
  • renouvèle la forme (roman d’enquête spéculatif),
  • approfondit la réflexion sur l’Anthropocène,
  • et propose une nouvelle manière d’habiter le futur : en enquêtant, en comprenant, en documentant.

C’est une œuvre qui synthétise et réoriente l’ensemble de mon projet littéraire, en ouvrant une voie plus narrative, plus spéculative, mais toujours profondément écologique et relationnelle.

La singularité de mon travail dans le paysage littéraire

Toujours selon Copilot, j’occupe une place unique dans une constellation d’œuvres écologiques québécoises :

Je propose une vision du futur en deux temps

→ Accueil‑Fleuve (alerte)
→ La danse et l’arbre (réparation)

Je travaille une éthique relationnelle du vivant

→ ni refuge, ni menace, ni mutation monstrueuse
→, mais cohabitation, écoute, transformation

Je crée une œuvre transmédiatique

→ texte + image + son + vidéo
→ une écopoétique élargie

J’articule une poétique du passage

→ du chaos à la régénération
→ du fragment à l’harmonie
→ du territoire blessé au territoire vivant

Selon Copilot, je ne suis pas seulement dans le courant de l’écofiction québécoise : je le le déplace, l’élargit, l’ouvre vers une écopoétique du futur possible.

Récits écologiques

Toujours selon Copilot, la littérature québécoise contemporaine connait une intensification remarquable des récits écologiques, en particulier dans le contexte de l’Anthropocène, où les crises environnementales, sociales et politiques reconfigurent les imaginaires du territoire et du vivant. Dans ce paysage, les œuvres de Sylvie Chenard, Christiane Vadnais, Gabrielle Filteau‑Chiba et Gabriel Marcoux‑Chabot occupent une place singulière. Elles mobilisent le Nord — réel, symbolique, spéculatif — comme espace critique, tout en proposant des visions divergentes du futur.

Ces œuvres ne se contentent pas de représenter la nature  : elles élaborent des écopoétiques du devenir, où le vivant, le territoire et le temps sont repensés dans une perspective relationnelle et posthumaniste. Elles participent ainsi à penser les crises écologiques non comme des catastrophes isolées, mais comme des processus relationnels qui exigent de nouvelles formes de cohabitation.

Comment Chenard, Vadnais, Filteau‑Chiba et Marcoux‑Chabot mobilisent‑elles le Nord et le vivant pour élaborer des imaginaires du futur oscillant entre crise, réparation, mutation et satire ?

Écopoétique et agentivité du territoire

Dans la perspective de l’écopoétique contemporaine, le Nord n’est pas un simple décor, mais participe à la fabrique du récit, où le lieu devient un opérateur cognitif.

Posthumanisme critique et coévolution

Le vivant n’est plus un objet, mais un partenaire. Cette perspective est essentielle pour comprendre les œuvres de Chenard et Vadnais, où les non- humains (fleuve, arbre, organismes mutants) possèdent une agentivité propre.

Matérialisme vibrant et écologie politique

L’approche de la vitalité de la matière permet de lire les œuvres étudiées comme des espaces où les forces non humaines — eau, sol, organismes — participent activement à la dynamique narrative.

Études géoculturelles du Nord

Le Nord est un espace d’imaginaires contrastés  : lieu de pureté, de danger, de mutation. Les quatre autrices, auteur mobilisent ce Nord comme laboratoire du vivant, où se rejouent les tensions contemporaines entre effondrement et recomposition.

Le Nord : relation, refuge, mutation, chaos

Sylvie Chenard — Le Nord relationnel

Dans Accueil‑Fleuve, le fleuve est un « corps blessé » qui témoigne des crises contemporaines. Le territoire est un espace liminal où se manifestent les fractures du monde. Dans La danse et l’arbre, l’arbre devient une figure de réparation, de continuité et de coévolution. Le Nord est un écosystème dialogique (dialogue, échange, complexité), rejoignant la notion de matière vibrante.

Gabrielle Filteau‑Chiba — Le Nord refuge

Dans Hexa, le Nord est un refuge radical, un lieu de survie, de résistance et de reconstruction identitaire. Le territoire est vécu dans le corps, dans une temporalité resserrée.

Christiane Vadnais — Le Nord mutant

Dans Les Ressources naturelles, le Nord est transformé par le réchauffement climatique : marais, prolifération, hybridation. Le territoire devient un biotope postnaturel, en écho aux « écologies de ruines ».

Gabriel Marcoux‑Chabot — Le Nord chaotique

Dans Godpèle, le Nord rural est un théâtre grotesque où se déploient dérives sociales et technologiques. Le territoire est déformé, carnavalesque, critique. Le Nord devient un miroir des dysfonctionnements sociaux.

Le vivant : partenaire, allié, mutant, monstrueux

Chenard — Vivant partenaire

Le vivant est un acteur relationnel. Le fleuve et l’arbre participent à la coévolution. Le vivant est porteur de mémoire et de futur.

Filteau‑Chiba — Vivant allié

Le vivant est un compagnon de lutte. Les animaux et la forêt sont des alliés fragiles. Le vivant est menacé, mais encore harmonieux. L’éthique est celle de la protection et de la résistance.

Vadnais — Vivant mutant

Le vivant est hybride, proliférant, indifférent à l’humain. Les frontières interespèces s’effacent. Le vivant poursuit sa trajectoire sans nous.

Marcoux‑Chabot — Vivant monstrueux

Le vivant reflète la dérive sociale  : déformations, excès, grotesque. Le vivant devient un miroir critique, un symptôme des pathologies collectives.

Le futur : transition, urgence, posthumanité, dystopie grotesque

Chenard — Futur transitionnel

Accueil‑Fleuve propose un futur critique ; La danse et l’arbre, un futur réparateur. Chenard articule une écopoétique de la bifurcation, en écho à la notion de « futurs pluriels ».

Filteau‑Chiba — Futur urgent

Le futur est déjà là  : urgence écologique, survie immédiate. Temporalité resserrée, incarnée. Le futur dépend de l’action individuelle.

Vadnais — Futur posthumain

Le futur est biologique, spéculatif. L’humain n’est plus central. Le vivant évolue sans lui. Le futur est un processus évolutif, non un projet politique.

Marcoux‑Chabot — Futur grotesque

Le futur est une hyperbole critique (exagération d’une idée), rejoignant la tradition dystopique. La satire devient un outil de dénonciation.

Écopoétique

L’analyse révèle quatre régimes distincts du futur et du Nord, qui composent une cartographie plurielle de l’écofiction québécoise.

  • Chenard propose une transition entre crise et réparation.
  • Filteau‑Chiba inscrit le futur dans l’urgence du présent.
  • Vadnais imagine un futur postanthropocène.
  • Marcoux‑Chabot utilise le futur comme dispositif satirique.

Ces quatre positions forment un champ dialogique où se rejouent les tensions contemporaines entre effondrement, adaptation, mutation et critique. Elles montrent que le Nord est devenu un espace central pour penser les futurs du vivant.

Chenard, Vadnais, Filteau‑Chiba et Marcoux‑Chabot élaborent quatre imaginaires distincts du futur nordique. Ensemble, ils composent une écopoétique polyphonique où le Nord devient un espace critique, spéculatif et relationnel. Ces œuvres invitent à repenser le vivant, le territoire et le futur dans une perspective qui dépasse l’anthropocentrisme et ouvre la voie à de nouvelles formes d’habitabilité.

Tableau comparatif

AxeChenardFilteau‑ChibaVadnaisMarcoux‑
Chabot
TerritoireRelationnelRefugeMutantChaotique
VivantPartenaireAlliésHybridesMonstrueux
FuturTransitionUrgencePosthumainDystopie grotesque
FormeHybridité multimédiaJournal incarnéVignettes cliniquesPolyphonie satirique
TonalitéDystopie → UtopieRéalisme écologiqueÉcofiction spéculativeSatire dystopique
ÉthiqueCohabitationRésistanceDécentrementDénonciation

Quatre visions, quatre mondes

Sylvie Chenard

→ propose une écopoétique du passage, du chaos à la réparation.
→ Une vision relationnelle, holistique, transmédiatique.

Gabrielle Filteau‑Chiba

→ L’écologie comme survie, engagement, intimité.

Christiane Vadnais

→ L’écologie comme mutation, décentrement, posthumanité.

Gabriel Marcoux‑Chabot

→ L’écologie comme satire, dérive sociale, grotesque dystopique.

Ensemble, elles et il composent la cartographie la plus riche et la plus contrastée de l’écofiction québécoise actuelle dixit Copilot.

CARTE CONCEPTUELLE — ÉCOFICTION QUÉBÉCOISE CONTEMPORAINE

(Chenard × Filteau‑Chiba × Vadnais × Marcoux‑Chabot)

Sylvie ChenardGabrielle Filteau-ChibaChristiane VadnaisGabriel Marcoux-Chabot
Territoire relationnelle
(fleuve ↔ arbre)
Territoire refuge (forêt protectrice)Territoire mutant (marais autonome)Territoire chaotique
Vivant partenaire (cohabitation)Vivant allié (solidarité)Vivant hybride (posthumain)Vivant monstrueux
Futur transitionnel (dystopie ↔ utopie)Futur immédiat (urgence écologique)Futur postanthropocène (mutation du vivant)Futur dystopique grotesque
Hybridité multimédia (texte‑image‑son‑vidéo)Journal incarné (voix intime)Vignettes cliniques (poétique scientifique)Forme carnavalesque satirique

Synthèse comparative élargie

AxeFilteau‑ChibaMarcoux‑ChabotVadnaisChenard
TerritoireRefuge forestierRural grotesqueMarais mutantFleuve blessé → forêt réparatrice
TonalitéRéalisme écologiqueSatire dystopiqueÉcofiction spéculativeDystopie → Utopie
VivantsAlliés menacésDéformésMutantsPartenaires relationnels
FuturPrésent urgentDystopie grotesquePostanthropocèneTransition possible
FormeJournalPolyphonie satiriqueVignettesHybridité multimédia
Rapport à l’humainCentral, mais vulnérableDéformé, critiquéMarginalEn relation avec le non‑humain


Bibliographie théorique selon Copilot et plus

Écopoétique et humanités environnementales

Buell, Lawrence. The Environmental Imagination: Thoreau, Nature Writing, and the Formation of American Culture. Harvard University Press, 1995.
Buell, Lawrence. The Future of Environmental Criticism. Blackwell, 2005.
Heise, Ursula K. Sense of Place and Sense of Planet: The Environmental Imagination of the Global. Oxford University Press, 2008.
Heise, Ursula K. Imagining Extinction: The Cultural Meanings of Endangered Species. University of Chicago Press, 2016.
Ghosh, Amitav. The Great Derangement: Climate Change and the Unthinkable. University of Chicago Press, 2016.
Rigby, Kate. Topographies of the Sacred: The Poetics of Place in European Romanticism. University of Virginia Press, 2004.
Iovino, Serenella & Serpil Oppermann. Material Ecocriticism. Indiana University Press, 2014.

Posthumanisme, vivant et coévolution

Haraway, Donna J. Staying with the Trouble: Making Kin in the Chthulucene. Duke University Press, 2016.
Haraway, Donna J. When Species Meet. University of Minnesota Press, 2008.
Braidotti, Rosi. The Posthuman. Polity Press, 2013.
Braidotti, Rosi. Posthuman Knowledge. Polity Press, 2019.
Wolfe, Cary. What Is Posthumanism? University of Minnesota Press, 2010.
Tsing, Anna Lowenhaupt. The Mushroom at the End of the World. Princeton University Press, 2015.
Barad, Karen. Meeting the Universe Halfway: Quantum Physics and the Entanglement of Matter and Meaning. Duke University Press, 2007.

Agentivité du non-humain, matérialisme vibrant, écologie politique

Latour, Bruno. Nous n’avons jamais été modernes. La Découverte, 1991.
Latour, Bruno. Face à Gaïa. La Découverte, 2015.
Bennett, Jane. Vibrant Matter: A Political Ecology of Things. Duke University Press, 2010.
Descola, Philippe. Par‑delà nature et culture. Gallimard, 2005.
Ingold, Tim. Being Alive: Essays on Movement, Knowledge and Description. Routledge, 2011.
Ingold, Tim. The Perception of the Environment. Routledge, 2000.

Géopoétique, territoire et Nord

Bouvet, Rachel, White, Kenneth. “Le nouveau territoire : l’exploration géopoétique de l’espace.” Cahiers Figura, numéro 18 (2008)
Collot, Michel. La pensée-paysage. Actes Sud, 2011.
Collot, Michel. Pour une géographie littéraire. Corti, 2014.
Chartier, Daniel. Le lieu du Nord. Presses de l’Université du Québec, 2015.
Chartier, Daniel. Le froid : études de l’imaginaire du Nord. PUQ, 2018.
Dorion, Henri. Le Québec nordique. Québec Amérique, 2012.
Laugrand, Frédéric. Au cœur du monde inuit. Presses de l’Université Laval, 2019.
Vauclair, Victor. “La contre-cartographie poétique du Nitassinan / Côte-Nord : lecture géopoétique de la poésie nord-côtière contemporaine.” Liverpool University Press – Quebec Studies, Vol. 79 (2025)
White, Kenneth. Le plateau de l’albatros : Introduction à la géopoétique. Grasset, 1994.

Théories du futur, dystopie, utopie, anticipation

Moylan, Tom. Scraps of the Untainted Sky: Science Fiction, Utopia, Dystopia. Westview Press, 2000.
Jameson, Fredric. Archaeologies of the Future: The Desire Called Utopia and Other Science Fictions. Verso, 2005.
Berardi, Franco “Bifo.” After the Future. AK Press, 2011.
Suvin, Darko. Metamorphoses of Science Fiction. Yale University Press, 1979.
Levitas, Ruth. Utopia as Method. Palgrave Macmillan, 2013.
Wark, McKenzie. Molecular Red: Theory for the Anthropocene. Verso, 2015.

Théories de la multimodalité, arts hybrides et intermédialité

Chion, Michel. L’audio‑vision : Son et image au cinéma. Armand Colin, 1990.
Rajewsky, Irina O. “Intermediality, Intertextuality, and Remediation.” Intermédialités, 2005.
Clüver, Claus. “Intermediality and Interarts Studies.” Interfaces, 2007.
Mitchell, W. J. T. What Do Pictures Want? University of Chicago Press, 2005.

Références secondaires sur l’écofiction québécoise (pour situer Chenard) (vérifiées)

Vadnais, Christiane. Les Ressources naturelles. Alto, 2025. (vérifiée, corrigée)
Filteau‑Chiba, Gabrielle. Sauvagines (2019); Encabanée (2020); Bivouac (2021); Hexa, XYZ, 2023. (vérifiée, corrigée)
Marcoux‑Chabot, Gabriel. Godpèle. La Peuplade, 2025. (vérifiée, corrigée) Defraeye, Julien, Lepage, Élise. “Approches écopoétiques des littératures française et québécoise de l’extrême contemporain.” Études littéraires – Vol. 48, numéro 3 (2019)
Garneau, Sara, Lepage, Élise. “De l’exaltation à la métamorphose :
les relations du sujet à la nature en littérature québécoise contemporaine.”Études littéraires – Vol. 53, no 2 (2024)